À la fin de l’envoi, je touche !

Cyrano de Bergerac (1619-1655).
Cyrano de Bergerac (1619-1655).

Ce sont les cadets de Gascogne, De Carbon, de Castel-Jaloux ;
Bretteurs et menteurs sans vergogne,
Ce sont les cadets de Gascogne !, s’enflamme Cyrano en présentant ses compagnons.

Le 27 décembre 1897, les spectateurs découvrent, pour la toute première fois, ce héros attachant, ce mousquetaire au grand nez, ce Gascon plein de verve : Cyrano de Bergerac ! Pourtant, Savinien Cyrano de Bergerac n’a rien d’un Gascon, son nom étant celui d’un petit domaine familial en Ile-de-France. Il n’a d’ailleurs pas grand chose à voir avec ce bretteur de première force dont Rostand a fait un héros. Etudiant au célèbre collège de Beauvais puis garde française, il sera grièvement blessé lors du siège d’Arras, en 1640. Une blessure qui va le contraindre à la retraite et lui donner l’occasion de s’adonner à sa passion : l’écriture. Ennemi des règles classiques, il s’adonne à la satire sous couvert de fantaisie et offre une œuvre tout en nuance, notamment dans ses Histoire comique des Etats et empires de la lune et Histoire comique des Etats et empires du soleil. Poète à ses heures, il s’adonne également au théâtre avec le Pédant joué, dont Molière lui-même fera de larges emprunts pour son Scapin.
Ressuscité grâce au Marseillais Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac va devenir un héros de théâtre, vibrant de romantisme, d’éclats de voix, de panache ! La pièce fera d’ailleurs le succès de son auteur au point que le vrai Cyrano devra s’effacer devant le sieur de Bergerac, théâtral, qui sait si bien rimer sur son grand nez…