A la veille d’un nouveau Jeudi noir ?

Titre d'un journal américain au 29 octobre 1929.
Titre d’un journal américain au 29 octobre 1929.

Décidément, on ne change pas une équipe qui gagne ! En 1929, à la veille de la plus grande crise économique qu’ait connue le XXe siècle, la spéculation boursière est à son comble et c’est sur le crédit que vivent la plupart des ménages américains. Une "bulle" -dirait-on aujourd’hui- boursière et bancaire qui cache admirablement la réalité économique, soit un ralentissement de l’immobilier et même de l’industrie automobile, fleuron de l’économie américaine. Une réalité qui pouvait effectivement passer inaperçue au vue des fortunes colossales que certains spéculateurs heureux amasseront en quelques coups fumants. Une réalité qui va cependant rattraper la fiction en quelques mois.
Déjà, le malaise se fait sentir le 18 octobre 1929 ; six jours plus tard, le 24, c’est le fameux Jeudi noir… Treize millions de titres sont littéralement jetés sur le marché ; on en compte seize millions le mardi suivant. Les valeurs, dès lors, s’effondrent : – 30% en octobre, -50% en novembre. Malgré la chute, l’illusion perdure quelques mois encore, une illusion encouragée d’ailleurs par le gouvernement Hoover. Mais la crise de 29, le fameux crack se poursuit… bien au delà de la seule année 1929. En juillet 1932, le cours du coton est tombé de 17 cents à 6 ; celui du blé de 98 cents à 40 cents. Et si ce n’était que l’économie agricole : en 1933, on proclame un moratoire général sur les banques… qui ferment toutes !
Les Etats-Unis entraînent également dans leur chute les principaux acteurs économiques de l’époque : l’Amérique latine est touchée en 1930, l’Autriche, l’Allemagne, la Grande Bretagne et tout le Common Wealth en 1931, la France, enfin, l’année suivante. Dans tous ces pays, la crise se manifeste de manière relativement uniforme : baisse de la production, baisse des prix, effondrement des valeurs boursières, multiplication des faillites et, enfin, explosion du chômage.
Autre dénominateur commun, rarement mis en avant par les économistes -notamment parce qu’il s’agit d’un fait politique et historique : dans tous les pays tenus par la droite ou son équivalent, le pouvoir passe, aux élections suivantes, à la gauche. Les démocrates aux Etats-Unis, le Front populaire en France. Faut-il y voir un présage "heureux" pour Obama ? L’histoire le dira dans quelques semaines. Quant à la France, sa gauche étant inexistante, l’actuel président n’a guère de souci à se faire…