Albert l’Ours : évangélisation et colonisation

Blason de la maison de Brandebourg.
Blason de la maison de Brandebourg.

Ce n’est pas la rudesse, encore moins la barbarie qui valut à Albert Ier de Brandebourg le surnom d’Ours. C’est plus certainement son avidité conquérante, l’extension de son domaine comme de ses pouvoirs.
Fils du comte Othon de Ballenstedt, Albert Ier avait reçu (en 1125) de l’empereur Lothaire la marche nordique de la Saxe, l’Ostmark, ainsi que l’Altmark (en 1134) qui allait devenir le noyau de la marche de Brandebourg. En effet, Albert devait se lancer, avec succès, dans la conquête des territoire situés à l’est de l’Elbe, annexer la Prignitz et étendre son protectorat sur la Havelland, dominée par la forteresse de Branibor (ou Brandebourg).
En posant un pied en Havelland, Albert Ier étendait d’autant l’influence de l’empire germanique ; repoussait d’autant les frontières avec les peuples slaves. Mais la Havelland elle-même était peuplée de Slaves païens ; elle était également gouvernée par un prince slave du nom de Pribislav. Délaissant la force pour la diplomatie, Albert devait s’adjoindre les "services" des Prémontrés et d’émigrants venus de Westphalie, de Hollande et de Flandre, jouant autant la carte de l’évangélisation que de la colonisation.
En 1142, il obtient que la margraviat de Havelland devienne fief immédiat de l’empire, alors qu’il relevait du duché de Saxe. En fait, c’était en quelque sorte faire œuvre d’anticipation car, si en 1142, Albert n’était pas encore réellement margrave de Havelland, il le devint en 1150 après la mort du prince slave qui en avait fait son héritier. Et comme tous les margraviats -qui sont l’équivalent des Marches françaises-, celui de Havelland ne devait dépendre que de l’empereur. Ce faisant, Albert Ier avait initier ce qui serait la Prusse et doter sa dynastie d’un nouveau nom : Brandebourg.