Au commencement était Sumer

Statuette mésopotamienne.
Statuette mésopotamienne.

Plaine fertile, baignée par les riches eaux de l’Euphrate et du Tigre, la Mésopotamie fut sans doute le berceau des plus évoluées des civilisations anciennes, mais également le lieu de tous les conflits, de toutes les conquêtes. Cette histoire troublée, cette histoire de trois millénaires, commence avec Sumer.
Ô Sumer, dit un poème religieux, grand pays entre les pays de l’univers
Toujours plein de lumière ;
Toi qui, du Levant au Couchant dispense à tous les peuples tes lois divines ;
[…]
Le savoir vrai que tu apportes
Comme le ciel est intouchable.
Rien de plus exact dans ce poème en forme de promotion. Pourtant Sumer n’est pas un empire, pas même une ville mais plutôt une juxtaposition de sites aux noms désormais célèbres : Ur, Uruk, Kish, Isin, toutes situées en basse Mésopotamie dans un périmètre de quelques milliers de kilomètres carrés. Des cités qui, toutes, se vantent d’être à l’origine des autres, d’avoir supplanter les autres. En réalité, et c’est là le drame de Sumer, aucune cité ne sortira du lot et toutes se feront dévorer par le conquérant du IIe millénaire avant J.-C. : l’Akkadien.
L’apport des Sumériens aura pourtant était essentiel, notamment en terme de justice et de code social. Ce peuple aura, en fait, était très largement en avance sur tous les autres au point que tous les Etats alentours et jusqu’à la Grèce mycénienne imiteront. Déjà, au XXIe siècle avant J.-C., le souverain de Ur, Nammu, avait composé un code de lois permettant la lutte contre les fonctionnaires malhonnêtes, interdisant la fraude, protégeant « l’orphelin du riche et la veuve du puissant ». Un code, une loi qu’il fallait faire appliquer d’où la création, sans doute parallèlement à celle de l’Egypte ancienne, d’une armée de scribes –on pourrait dire de fonctionnaires- pour lesquels, d’ailleurs, sera créer le système des impôts.
On l’a dit, le drame de Sumer aura été de ne pas savoir s’unir. En réalité, un souverain, Lugal Zaggisi –« lugal » signifie « roi » saura réunir, vers 2400 avant J.-C., les cités d’Umma et d’Uruk. La chose n’est pas nouvelle et des tentatives, toujours avortées, ont déjà étaient réalisées. Lugal Zaggisi, quant à lui, prétend étendre sa domination du golfe Persique à la Méditerranée. Pour peu de temps cependant : en 2350 avant J.-C. un nouveau venu met fin à ses prétentions et fait prisonnier le souverain sumérien. Son nom : Sargon Ier.