Ces « vipères » d’Iroquois

Un Iroquois (gravure ancienne).
Un Iroquois (gravure ancienne).

Mohawk, Oneida, Onondaga, Cayuga, Seneca et enfin Tuscarora. Ces noms ne vous disent rien ? Pourtant, ce sont ceux de la plus célèbre nation d’Indiens candiens : les Iroquois. L’Iroquois, ce farouche guerrier, cruel et hargneux ! L’Iroquois dont le nom –qui est en fait un surnom- signifie « langues de vipères » ! Charmant personnage, n’est-ce pas ? Pourtant, l’Iroquois est avant tout méconnu. La nation Iroquoise elle-même n’en est pas vraiment une…
Ce n’est qu’en 1570 que sera créée la Ligue des Cinq Nations –les Tuscarora ne rejoindront la Ligue qu’en 1712- afin de mettre un terme aux guerres intestines et d’opposer un front uni aux Hurons et, plus tard, aux Français. Gouvernée par un conseil de 50 sages –le sachem-, le Ligue des Cinq puis des Six Nations vaincra effectivement les Hurons, mais également les Pétuns, les Eriés ; elle repoussera les colons français et se perdra finalement dans le conflit indépendantiste américain. Pourtant, à l’origine, aucune des tribus iroquoises n’étaient foncièrement guerrières.
La chasse, la pèche, la cueillette, la culture du maïs, des haricots et des courge : voilà quelles étaient les préoccupations des ces hommes et de ces femmes.
Car les tribus iroquoises étaient également de type matriarcal, ce qui allait engendrer, fort indirectement, leur sinistre réputation. En effet, lorsque les Iroquois faisaient un prisonnier, il faisait l’objet, le plus souvent, d’une adoption. Adoption décidée par la mère de famille qui accueillait le nouvel arrivant au même titre que ses fils ou pour prendre la place d’un fils disparu. Un peuple idéal alors ? Quant même pas. Car lorsque le prisonnier n’était pas adopté, il était torturé avec un raffinement exceptionnel. On soupçonne même que les Iroquois aient, à ces occasions, pratiqué l’anthropophagie.
Un rituel rare, des tortures occasionnelles mais qui feront la réputation des Iroquois. Une réputation sans doute largement entretenue, voire exagérée, par leurs ennemis et concurrents –ils s’étaient mis eux aussi au commerce des peaux- les Hurons.