Champollion, l’art des langues

Statue de Jean-François Champollion (1790-1832).
Statue de Jean-François Champollion (1790-1832).

L’arabe, l’hébreu, le chaldéen, l’éthiopien, le copte : durant des années, Jean-François Champollion, fils d’un libraire de Figeac, allait se passionner pour les langues étrangères, les « langues O »… Mais c’est en perçant le mystère de l’écriture des anciens Egyptiens qu’il va acquérir une renommée véritablement mondiale.
Depuis déjà le XVIIIe siècle, l’Egypte était « à la mode ». L’expédition de Bonaparte et les publications savantes qui allaient s’ensuivre devaient accentuer cet engouement, aussi bien auprès des spécialistes que des amateurs. Mais qu’est-ce que l’étude d’une civilisation si l’on n’en maîtrise pas la langue ? De fait, lorsque Champollion s’y attelle en 1809, cela fait près de 1500 ans que la compréhension des hiéroglyphes a disparu.
La pierre de Rosette, découverte lors de l’expédition d’Egypte par un officier français, est une stèle sur laquelle figurent trois inscriptions, dont l’une est un décret daté de 196 avant J.-C., publié sous Ptolémée V. Un décret rédigé en grec ; un décret qui trouve certainement sa traduction hiéroglyphique dans les deux inscriptions qui l’accompagnent.
C’est sur cette hypothèse que les savants d’Europe se penchent après que l’Angleterre, qui s’était emparée de la stèle, en ait réalisé des copies. Et c’est sur cette hypothèse également que Champollion se met au défi de résoudre l’énigme. Aidé de cartouches contenant les noms des souverains égyptiens, tablant sur une combinaison de signes phonétiques et d’idéogrammes, Champollion mettra pas moins de 13 ans à percer le secret des hiéroglyphes. Lorsqu’il y parvient, en 1822, il n’a jamais mis le pied en Egypte –il ne s’y rendra qu’en 1828. Pourtant, il est, à ce jour, le plus grand découvreur de l’Egypte ancienne.