Charles IX : l’homme de la Saint-Barthélemy

Charles IX (1550-1574).
Charles IX (1550-1574).

Le règne de François II avait été marqué par la militarisation et la politisation du conflit religieux. Par sa radicalisation également, une radicalisation parfaitement illustrée par le célèbre massacre de la Saint-Barthélemy, qui apparaît comme l’événement majeur du règne de Charles IX.
Un règne qui, pourtant, avait commencé sous le signe de la modération. Les Guise ayant perdu leur toute-puissance avec la mort de François II, c’est Catherine de Médicis, mère du roi, qui assure la régence. En cela, elle se fait conseiller par Michel de L’Hospital, homme de compromis s’il en fut. La nomination d’Antoine de Bourbon au rang de lieutenant général du royaume, le colloque de Poissy ensuite apparaissaient comme des signes tangibles du désir de compromis de la régente. La paix d’Amboise et le traité de Saint-Germain seront également à mettre au compte de cette tentative –finalement vaine- de parvenir à une entente, tout comme le mariage de Marguerite de Valois, sœur du roi, avec Henri de Navarre, un des chefs du parti huguenot. Dès lors, comment croire à cette idée si répandue qui veut que le roi Charles ait été, autant que sa mère, un fanatique. Pourtant, Charles IX a bien été à l’origine de la Saint-Barthélemy… De fait, le roi n’a certainement pas désirer ce massacre. Par contre, il est vrai qu’il avait ordonné l’arrestation et la condamnation –donc l’élimination- des chefs protestants, pensant que, ces derniers, une fois éliminés, la guerre fratricide cesserait.
Et il est vrai que la guerre était avant tout le fait des nobles –des deux camps-, comme le prouvent toutes les conjurations, les négociations avortées. Une condamnation destinée également à devancer la réaction protestante attendue après l’attentat manqué contre l’amiral de Coligny -22 août. Le 24 août 1572, donc, les soldats du roi entament leur sinistre besogne. Mais ce que n’avait pas prévu le souverain, c’est la réaction parisienne : le peuple, pris d’une soudaine folie meurtrière, se lance à son tour dans l’action, massacrant sans mesure.
Tel sera le fait marquant du règne de Charles IX qui, dit-on, en mourra de remords quelques semaines plus tard.