Cluny, fer de lance de la réforme

Moine clunisien (gravure du XIXe siècle).
Moine clunisien (gravure du XIXe siècle).

Avant d’être la plus grande église d’Occident et le chef-d’œuvre de l’art roman, l’abbaye de Cluny connaît des débuts fort modestes. Fondée en 910 par Guillaume le Pieux, comte d’Auvergne et duc d’Aquitaine, et placée sous l’autorité immédiate du pape, elle observe la règle réformée de saint Benoît. Durant un siècle et demi, Cluny a la chance de voir se succéder à sa tête des abbés qui compteront parmi les plus grandes figures du Moyen Âge et qui feront son succès : Bernon, à qui est confiée en premier la charge d’abbé de Cluny ; saint Odon, qui permet à d’autres monastères d’observer la règle dite clunisienne et de se placer sous l’autorité du père-abbé de Cluny ; et surtout Pierre le Vénérable, qui fait autorité dans la connaissance du Coran et de l’Islam.

Profitant de cette influence grandissante, Cluny va, dès le XIe siècle, devenir le véritable fer de lance de la réforme grégorienne, propageant ces principes dans toute l’Europe, avant d’être à son tour touchée par les vices qu’elle combattait.

Cluny, qui regroupait alors près de mille quatre cents maisons, va, peu à peu, perdre son influence strictement religieuse au bénéfice de Cîteaux et deviendra avant tout un foyer intellectuel et artistique.