Constantinople : la porte de l’Orient

L'empereur Constantin Ier (v.280-337).
L’empereur Constantin Ier (v.280-337).

En quelques siècles à peine, Rome avait étendu son pouvoir bien au delà de ses frontières. Une large partie de l’Europe, mais aussi des contrées orientales et africaines faisaient désormais partie de l’immense Empire. De fait, sa capitale, Rome, paraissait bien loin de l’Egypte ou de la Syrie. C’est pourquoi l’empereur Constantin se mit en tête de se doter d’une nouvelle capitale, située au cœur même de l’Empire. Pour ce faire, il choisit le site de l’antique Byzance, qui avait été pillé et rasé par Septime Sévère en 196. Le choix était judicieux : la situation de Byzance était parfaite, aussi bien stratégiquement que symboliquement. Gardienne du Bosphore, à la frontière entre l’Orient et l’Occident, la Nouvelle Rome –ce sera le nom choisit par Constantin- allait être édifiée à l’image de son modèle : un forum, un sénat, un capitole, sept collines même… Tout avait été pensé pour que Nova Roma soit la réplique parfaite de la Rome initiale. L’idée était séduisante. L’histoire allait en décider autrement et Constantinople –le nom de Nova Roma ne résistera guère de temps- n’aura jamais que l’apparence de Rome. Pour peu de temps cependant…
Achevée en 330, la cité qui devait être le point de rassemblement de l’Empire, perd cet attribue et devient, après la scission de l’Empire, la capitale du seul Empire d’Orient.
Plan médiéval de Constantinople.
Plan médiéval de Constantinople.

D’ailleurs, c’est vers l’Orient que, dès le début, elle s’était tournée. Située à seulement quelques encablures de l’Asie Mineure, Constantinople va devenir une cité marchande, cosmopolite, temple des arts les plus raffinés, les plus luxueux. Elle deviendra également le centre de toutes les immoralités, de toutes les émeutes : on s’y bat pour une course de char, comme pour un différent théologique. On se bât également pour sa conquête et du IVe au XVe siècle, Constantinople va être l’objet d’un nombre incalculable de coup d’Etat, de pillages, d’attaques. Ce n’est qu’en 1453 cependant, après les assauts répétés des Ottomans, que Constantinople succombera. Désormais placée sous l’égide turque, elle poursuivra en fait son destin, un destin tourné presque exclusivement vers l’Orient.