Crassus : le troisième homme

Buste de Crassus (v. 115 avant J.-C.-53 avant J.-C.).
Buste de Crassus (v. 115 avant J.-C.-53 avant J.-C.).

Parce que les noms se ressemblent ; parce que la fortune caractérisera leur vie, Crassus et Crésus sont communément confondus. Pourtant il n’existe ni unité de temps ni unité de lieu. Crésus vivait au VIe siècle avant J.-C.. Il était roi de Lydie et devait tout perdre après son alliance malheureuse avec le Perse Cyrus. Crassus, de son côté, est un général romain du Ier siècle avant J.-C. célèbre pour sa fortune certes -on le surnommait "Dives" "le Riche", mais aussi pour avoir fait partie du premier triumvirat avec César et Pompée et pour avoir écraser dans le sang la révolte des esclaves conduits par Spartacus.
C’est au dépend des victimes des proscriptions –dont la tête était mise à prix pour des raisons parfois rien de plus que politiques- que ce partisan de Sylla devait faire fortune. Une fortune qui allait lui ouvrir les portes, en 71 avant J.-C., de la préture et, en 72, l’imperium, l’autorité suprême. Rome était alors en proie à la panique, une panique due à la révolte des esclaves qui, dans toute la Campanie, faisaient régner une atmosphère de terreur. De fait, le romantisme et l’idéal qui entourent l’histoire de Spartacus est tout sauf réel.
Le pillage, les viols, les meurtres, les incendies : tel était le quotidien de l’action des hommes de Spartacus, véritables droits communs remis en liberté. Seule la certitude d’échouer contre les armées de Rome devait faire reculer Spartacus et ses comparses qui font alors volte-face et se replient vers le sud de la péninsule dans l’espoir d’atteindre la Sicile. C’est là que Crassus va prendre l’initiative de l’offensive : à l’automne 72, il se lance à l’assaut de Spartacus et de ses hommes… et les écrase. Un coup d’éclat qui devait lui valoir la reconnaissance de nombreux propriétaires terriens -et donc de sénateurs- et lui offrir une place dans le premier triumvirat, en 60 avant J.-C..