Dans l’enfer d’Hiroshima

L'explosion de la bombe atomique, d'après une iconographie récente.
L’explosion de la bombe atomique, d’après une iconographie récente.

Nous sommes le 6 août 1945. Il est 8h15 et le colonel Tibbets, de l’armée américaine, sait qu’il va accomplir un acte historique. A bord de l’Enola Gay se trouve la première bombe atomique. Une bombe qu’il s’apprête à lâcher sur la ville portuaire d’Hiroshima. Par cette action, les Etats-Unis espèrent mettre un terme à près de trois ans de lutte avec l’Empire du Soleil levant. Stoppée nette dans son élan conquérant à la bataille de Midway, l’armée nippone luttait pied à pied depuis 1942. Mais rien, ni son acharnement, ni même les actions des « Kamikase » -du nom d’un typhon qui sauva le Japon de l’invasion mongole au XIIIe siècle, ne semble devoir enrayer l’avancée américaine qui, bientôt, encercle l’archipel. Après la capitulation de l’Allemagne, en mai 1945, et alors que les Etats-Unis sont désormais à même de concentrer toutes leurs forces sur ce dernier îlot de résistance, il semble que la reddition du Japon ne soit plus qu’une question de temps. Mais les Américains s’impatientent et le Japon résiste, refusant, dans un dernier baroud d’honneur, la reddition sans condition réclamée par la Proclamation de Postdam (26 juillet 1945). Truman prend alors une décision terrible et ordonne l’utilisation de la première bombe nucléaire. Hiroshima sera la cible, ses habitants les cobayes pour ce premier essai grandeur nature.
De fait, si le colonel Tibbets avait certainement conscience, en libérant la bombe H, d’entrer dans l’histoire, il a certainement regretté son geste et sa place. De fait, le bilan sera terrible : sur les 250 000 habitants de la ville, 75 000 seront tués, 90 000 blessés –souvent atrocement brûlés- et 70% de la ville sera réduite en cendres.
On le sait, le 9 août suivant, une seconde bombe frappera Nagasaki. Bilan : 100 000 morts. Des morts qui auraient certainement pu être épargnés, le gouvernement japonais ayant déjà tiré les leçons d’Hiroshima. Quant à la capitulation tant attendue, elle sera annoncée, par voix radiophonique, par l’empereur Hiro Hito le 16 août au matin.