Darius Ier le Grand

Darius Ier le Grand (mort en 486 avant J.-C.). Dessin réalisé d'après un bas-relief.
Darius Ier le Grand (mort en 486 avant J.-C.). Dessin réalisé d’après un bas-relief.

Membre de la garde royale de Cambyse, fils d’un satrape –un gouverneur de province- de Parthie, Darius devra à un  coup du sort –qu’il prétendra guidé par les dieux- de prendre la succession du souverain achéménide. En révolte contre le successeur de Cambyse, il s’associe avec sept autres jeunes nobles, défait le pseudo usurpateur, laissant à l’hippomancie –la divination par les chevaux- le choix du nouveau souverain. Grâce aux dieux, le cheval de Darius sera le premier à hennir, faisant de lui le successeur des Achéménides (521 avant J.-C.). Il faudra pourtant pas moins de deux ans au représentant des dieux pour convaincre son  peuple, deux années au cours desquelles les révoltes se multiplieront, deux années au cours desquelles Darius Ier livrera pas moins de dix-neuf batailles contre ses détracteurs. La légende qu’il forgera faisant de lui un Achéménide et donc l’héritier naturel de Cambyse n’y changera rien, l’ensemble des gouverneurs perses ne pouvant que constater sa prise de pouvoir, son  coup d’Etat.
Le royaume perse revenu à la stabilité, Darius Ier fera montre des mêmes ambitions que ses prédécesseurs : Cyrus Ier et Cambyse avait étendu le royaume à tout l’Orient, englobant leur sphère d’influence à l’Asie Mineure, à la Babylonie, à la Surie et à l’Egypte. Darius Ier enverra une expédition au Pendjab, désignera l’amiral Scylax pour descendre l’Indus, reconnaître la route maritime vers l’Egypte, se rendre jusqu’en Arabie. Darius fera même rouvrir le canal reliant le Nil à la Mer Rouge, confirmant, s’il le fallait, son  intérêt pour cette région éminemment commerciale. Ses désirs de conquêtes vers la Russie ne connaîtront pas le même succès, les Scythes mettant rapidement fin aux velléités perses. Mais c’est dans sa tentative de conquête de la Grèce que Darius Ier est le plus célèbre. Une tentative aussi peu glorieuse que la précédente d’ailleurs puis qu’après avoir essuyé un premier échec, assemblée une  flotte et une armée à nulle autre pareille –elle sera balayée par une tempête-, il s’assurera la neutralité de la plupart des cités grecques et, en 490 avant J.-C., lancera son ultime assaut… avec toujours le même succès. Cette fois, point de tempête, point de Scythes non plus mais la résistance de deux cités, Athènes et Sparte qui auront raison des armées perses, au point que la victoire grecque de Marathon aura un retentissement immense dans tout le monde méditerranéen.
Contrairement à ses prédécesseurs, à ces « ancêtres » selon ses dires, Darius Ier n’aura décidément pas été un grand conquérant. Par contre, il est évident que la centralisation du gouvernement perse, l’absolutisation du pouvoir autant que l’organisation du royaume achéménide sont à mettre à son crédit. Un royaume aux multiples visages, dirigé par de nombreux satrapes, eux-mêmes surveillés par autant de secrétaires royaux, de fonctionnaires civils ou militaires ; un royaume qui, pour asseoir son emprise, saura jouer des diversités culturelles ou religieuses.