De la dame de Vix à la reine Boudicca

Contrairement à la très machiste société romaine, les Celtes considéraient les femmes comme leurs égales et acceptaient que le pouvoir fût entre leurs mains.
Les textes, la mythologie et l’archéologie confirment le fait que certaines de ces femmes celtes ont joui d’un réel pouvoir.
La reine Medb du Cycle d’Ulster apparaît comme une femme indépendante, ayant sa propre armée et la dirigeant d’une main de fer.
À Vix, en Bourgogne, la mise au jour d’une tombe laisse penser que la femme qui y fut enterrée au VIe siècle avant J.-C. avait un certain statut social. En effet, son corps avait été transporté sur un char à quatre roues, démonté et laissé dans le caveau, et était environné de nombreux bijoux ou pièces de vaisselle. Un énorme vase d’origine grecque était aussi dans la tombe et la dame de Vix portait elle-même une superbe torque en or ou un diadème. Certes, on aurait pu penser qu’elle n’était si richement honorée que par le haut rang de son époux mais l’époux n’apparaît nulle part ici. Pas une seule tombe environnant celle de la dame de Vix n’a révélé autant de richesses. Il semble donc que c’est bien la dame de Vix qui détenait le pouvoir.
Les auteurs classiques, notamment Tacite et Dion Cassius, ont confirmé que certaines femmes avaient rang de chef : la reine Boudicca en est un exemple frappant. Boudicca était la veuve du roi des Icéniens, Prasutag, qui avait passé un pacte avec l’empereur Néron, assurant ainsi l’indépendance de son royaume même après sa mort. Quand Boudicca prit le pouvoir, les Romains s’emparèrent de tous les biens des Icénes. Ce fut, pour Boudicca, le signal de la révolte : elle rassembla une grande armée de Bretons et saccagea les villes romaines de Londres, Colchester et Saint Albans. La Bretagne toute entière se souleva bientôt à l’appel de la reine outragée et Rome faillit bien perdre cette province. Mais le sort en avait décidé autrement et Boudicca, battue, se donna la mort.