Des Trade union au Parti travailliste

L'Angleterre à l'ère de l'industrialisation à outrance, qui ne signifiait pas toujours le plein emploi (iconographie du XIXe siècle).
L’Angleterre à l’ère de l’industrialisation à outrance, qui ne signifiait pas toujours le plein emploi (iconographie du XIXe siècle).

S’il est un parti qui, en France, « à la cote », c’est bien le Parti travailliste et son nouveau ex-premier ministre. Alors que le Parti socialiste français patauge, se déchire et se divise, les Français, de droite comme de gauche, rêvent d’un Tony Blair à la française. Mais Tony Blair a eu beau transformer son parti, originellement le Labour party et le Parti socialiste français ont bien peu en commun. Leur origine même est différente…
Issu des Trade union, les « unions de métiers », le Labour party doit tout aux syndicats. Apparu au XVIIIe siècle, lorsque la révolution industrielle commença à réduire une bonne partie de la population, jadis artisane ou commerçante, en salariés, le trade-unionisme s’apparente aux guildes médiévales. C’est dans l’ouest de l’Angleterre, haut lieu de l’industrie du textile qu’elles voient le jour, dans le but de suppléer aux errances du gouvernement qui se refusait à réglementer les conditions de travail, les salaires ou encore l’apprentissage. Rien de vraiment politique et le premier essai en la matière –le chartisme- se soldera par un échec retentissant. Revenu à l’action purement syndicale, les Trade union entrent alors dans une nouvelle phase : la conquête de droits, la reconnaissance de leurs statuts. Considérées à l’égal d’association par Gladstone, les Trade union prennent un réel essor avec la reconnaissance du droit de grève par Disraéli.
Dès lors, les syndicats acquièrent un pouvoir quasi absolu parmi les salariés de tout secteur, des salariés obligés de se syndiqués et pressurés par des cotisations exorbitantes. Au point qu’un nouvel unionisme voit le jour en 1889. L’affrontement entre les deux conceptions syndicales vont engendrer des grèves qui paralyseront des pans entiers de l’activité économique, jusqu’à ce que les syndicats soient légalement interdits. Dès lors, il ne restait plus aux unionistes qu’une voie pour faire valoir leurs droits : le voie politique. C’est ainsi que sera créé, en 1902, le Labour party.