Dryden : l’homme de tous les compromis

John Dryden (1631-1700).
John Dryden (1631-1700).

Il semble acquis pour beaucoup, notamment pour ceux qui en vivent, que l’art, la culture doivent être indépendant. Indépendant de quoi ? De qui ? Du pouvoir bien sûr ; de la mode aussi, puisque ceux sont eux qui la font. Pourtant, l’histoire nous révèle que la culture et l’art sont intimement lié au pouvoir et à la mode, aux puissants et à la "bien-pensance". Ceux qui ne s’y soumettent pas sont exclus et meurent dans la pauvreté. On ne compte plus les exemples d’artistes qui sont morts dans le dénuement. Mais est-ce le but de chaque artiste ? Ce n’était apparemment pas la préoccupation de John Dryden, reconnu comme l’un des plus grand de l’époque de la Restauration anglaise. Reconnu également comme l’homme de tous les compromis…
C’est avec Heroic Stanzas, qu’âgé d’à peine 27 ans John Dryden connaît la célébrité. Une ouvre qui célèbre la mémoire de Cromwell. Deux ans plus tard, Dryden, applaudit au retour sur le trône de Charles II dans Astra redux et devient le poète favori du roi et des courtisans. Des courtisans dont il fait partie d’ailleurs. Converti au catholicisme après l’avènement de Jacques II Stuart, il se lancera dans une virulente défense du catholicisme -dans The Hind and the panther-… après avoir célébré le protestantisme -dans Religio Laici. Cinq ans (1687-1682) seulement séparent ses deux œuvres, preuves que, lorsque l’on veut plaire, tout est permis.