Du Chastel : le long couteau des Armagnacs

L'assassinat de Jean sans Peur par Tanguy du Chastel, d'après une iconographie du XIXe siècle.
L’assassinat de Jean sans Peur par Tanguy du Chastel, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Fidèle de Louis d’Orléans, Tanguy du Chastel passe, après la mort de ce dernier, au service de Louis d’Anjou puis à celui du dauphin, qu’il ne va plus quitter. Devenu prévôt de Paris, le 18 septembre 1411, c’est-à-dire chargé des affaires judiciaires de la capitale, il fait bientôt figure de chef du parti armagnac et défend la ville contre l’omnipotence bourguignonne.
Malgré sa position importante dans le parti du dauphin, le nom de Tanguy du Chastel aurait, sans doute, été oublié depuis fort longtemps s’il n’avait pas été l’instigateur et, selon les chroniques, l’acteur principal du meurtre de Jean sans Peur, le 10 septembre 1419.
Devenu l’homme de confiance du « petit roi de Bourges », il ne gardera pas longtemps ce titre envié. Dès son accession au trône, Charles VII n’aura de cesse de se rapprocher du duc de Bourgogne et Tanguy du Chastel sera donc éloigné de la cour, voyageant sans cesse comme ambassadeur ou lieutenant des provinces méridionales. Jusqu’à sa mort, en 1458, il s’obstinera pourtant à porter le titre de prévôt de Paris et de conseiller du roi… qu’il n’avait pas revu depuis trente-cinq ans.