Ford : pour que l’automobile soit toujours un plaisir !

Henry Ford (1863-1947), d'après un  dessin original.
Henry Ford (1863-1947), d’après un dessin original.

"Mettre l’Amérique sur les roues" : tel était le rêve d’Henry Ford. Fils d’un fermier irlandais émigré aux Etats-Unis, apprenti horloger, monteur dans une usine de machines agricoles, ingénieur électricien, Henry Ford construit son premier modèle automobile en 1892-1893. Un modèle, désigné sous le sigle A qui, comme les suivants d’ailleurs (B, C, F, K, N, R, S et bien sûr le modèle T), n’avait rien de particulièrement révolutionnaire. Mais un modèle qui, comme tous ceux de la Ford Motor Co, avait pour but essentiel de faire de l’automobile un bien de consommation courant. Et c’est là que réside la révolution de Ford. Entre 1908 et 1927, ses usines vont produire pas moins de 15 millions de véhicules. Point de luxe, d’options particulières, de couleurs hardies -Ford mettra des années à se décider à créer des modèles de couleurs différentes-  : mais des véhicules capables, comme ceux qui faisaient le bonheur de la classe la plus riche, de rouler, tout simplement. En Europe, Renault, Citroën, Fiat, Austin, ou encore Morris devaient marcher sur les pas de l’Américain, avec le même succès. Et l’Occident de se couvrir de véhicules. Et les Occidentaux de devenir de parfait conducteurs-consommateurs.
Alors certes, la mode écologique ferait plutôt d’Henry Ford un industriel machiavélique, mais dans les faits, Ford a été à l’origine d’une nouvelle façon de vivre ; il a permis aux plus modestes d’atteindre aux facilités des plus riches et sortit l’automobile de son écrin. En agissant ainsi, nul doute que le fils d’émigrant avait quelque désir de s’enrichir (les bénéfices de la Ford Motor Co atteignaient 700 millions de dollars en 1927), mais sa conscience sociale était suffisamment développer pour que ses ouvriers participent pleinement à son enrichissement. Alors qu’un ouvrier gagnait 11 dollars par semaine, il payait les siens pas moins de 5 dollars par jour, assurant une participation aux bénéfices et donnant accès à des crédits à longs termes. Une politique paternaliste qui allait de paire avec le refus de tout syndicat mais qui sera pour beaucoup dans l’accession au fameux "rêve américain".