Fouquier-Tinville, l’artisan de la Terreur

Antoine Fouquier de Tinville, dit Fouquier-Tinville (1746-1795), d'après une gravure du XIXe siècle.
Antoine Fouquier de Tinville, dit Fouquier-Tinville (1746-1795), d’après une gravure du XIXe siècle.

Connu comme l’un des plus sûrs instruments de l’époque de la Terreur, Fouquier-Tinville a laissé dans l’histoire une image sinistre.
Fils d’un paysan de l’Aisne, devenu procureur du Châtelet, il se rallie avec ardeur à la Révolution. Ami de Danton et de Robespierre, parent de Camille Desmoulins, il entame sa deuxième carrière au cours des procès contre les royalistes et devient accusateur public auprès du Tribunal révolutionnaire en 1793. Ses pouvoirs très étendus lui permettent d’arrêter et de poursuivre, de son propre chef, tout suspect de crime contre la Nation, accusation assez floue qui ouvre la porte à toutes sortes de débordements.
Rigoureux, consciencieux, Fouquier-Tinville, qui suit à la lettre les souhaits et les directives du Comité de salut public, fait condamner la reine Marie-Antoinette, les Girondins, Danton et ses amis ainsi que les Hébertistes. Au lendemain du 9 Thermidor, Fouquier est à son poste lorsqu’on lui amène Robespierre, auprès duquel il est, une fois encore, prêt à assurer son emploi d’accusateur. Mais, compromis par le rôle qu’il a joué sous la Terreur, il est arrêté à son tour. Après un procès de quarante et un jours, où il se défend avec véhémence, il est condamné et exécuté, le 7 mai 1795.