Gama ouvre l’Inde au monde

Vasco de Gama (vers 1469-1524) devant le roi de Calicutt (iconographie du XIXe siècle).
Vasco de Gama (vers 1469-1524) devant le roi de Calicutt (iconographie du XIXe siècle).

C’est Joao Ier et surtout son fils, Henri le Navigateur, qui sont à l’origine de l’extraordinaire expansion maritime du Portugal au XVe siècle. Fondateur d’un immense chantier naval, inspirateur d’une véritable « école » de géographes, Henri le Navigateur verra sous son règne la découverte de Madère, des Açores, du Cap-Vert, de la Guinée et du Sierra Leone. À sa mort, les caravelles portugaises approchent de l’équateur et longent la côte du Liberia actuel. L’impulsion est donnée et, à partir de 1460, l’exploration et le commerce sur les côtes de Guinée sont confiés à Fernao Gomes, qui a pour mission de découvrir chaque année près de cent lieues de littoral ! Grâce à l’expérience accumulée ainsi qu’aux progrès réalisés par les Portugais dans l’art de la navigation, Fernao Gomes avance progressivement vers le sud, tout en développant efficacement le commerce dans la région de la Guinée. Désirant détourner vers Lisbonne le courant des épices qui fait la fortune des Ottomans et des Vénitiens, Joao II fera explorer systématiquement les côtes de l’Afrique et rechercher les meilleures routes dans l’Atlantique Sud. C’est ainsi qu’en 1487, les navires de Bartolomé Diaz doublent le cap des Tempêtes, rebaptisé cap de Bonne-Espérance : l’océan Indien communique avec l’océan Atlantique et il est donc possible d’atteindre les Indes… en contournant l’Afrique.
C’est ce qu’entreprendra Vasco de Gama, sur la demande de dom Manuel « O Venturoso » (c’est-à-dire l’Aventurier). En juillet 1497, Gama quitte Belem, au Portugal, double le cap de Bonne-Espérance et aborde le Mozambique avant d’atteindre Calcutta en 1498. Une odyssée fascinante, relatée par un de ses compagnons, Alvaro Velho. Devenu Amiral des Indes, il entreprendra une seconde expédition, en 1502, qui marque le début de l’empire colonial portugais. Un empire commercial qui fera la richesse du Portugal durant des années.
Avec Gama, écrit Arnold Toynbee, « le Portugal a ouvert à l’Occident le monde fascinant de l’Orient. Dorénavant, s’opère l’intercommunication de tous les cycles culturels qui a divisé l’histoire en deux grandes époques : avant Vasco de Gama et après Vasco de Gama ».