Germanicus : l’espoir évanoui

Détail d'une statue de Germanicus (15 avant J.-C.-19 après J.-C.).
Détail d’une statue de Germanicus (15 avant J.-C.-19 après J.-C.).

Il doit son nom à sa conquête de la Germanie. Une conquête menée sur ordre d’Auguste, mais une conquête qui allait tourner  à l’anéantissement systématique du pays. De fait, Germanicus, né Julius César, fils de Drusus et d’Antonia, petit-neveu d’Auguste, petit-fils du même par alliance, fils adoptif de Tibère -adoption ordonnée par Auguste, encore- n’avait rien du conquérant haineux. De noble naissance mais surtout de noble caractère, cultivé, il avait déjà fait ses preuves contre les Dalmates et les Panonniens avant d’être envoyé sur les rives du Rhin. Là, il aura à réprimer quatre rébellions de légions romaines. Des rébellions consécutives à la mort d’Auguste. des rébellions qu’il saura si habilement contenir qu’il va se voir proclamer Auguste par ces mêmes légions. Au point d’inquiéter Tibère, le tout nouvel empereur. De fait, la popularité de Germanicus ne se démentira guère et cela malgré son action peu glorieuse en Germanie. Ayant repris la lutte contre les Germains, il se lança, alors, dans la destruction du pays. Une politique qui n’entamera en rien sa popularité, au point que Tibère le rappela à Rome avant de l’envoyer en Orient.
C’est là que Germanicus devait trouver la mort. Une mort suspecte, sans doute due à un empoisonnement. Une mort dont sera accusée un proche de Tibère, le gouverneur de Syrie Pison. Abandonné par Tibère, traduit devant le Sénat, Pison se donnera la mort peu après.
De fait, la mort de Germanicus paraît avoir été providentielle… pour Tibère. Providentielle mais certes pas unique. En fait elle annonce une série de massacres dans la famille même de Germanicus. Quant à l’empire, il reviendra à son frère, Claude, à son fils, Caligula, à son petit-fils, Néron. Tous trois profiteront de la popularité posthume de Germanicus. Et tous trois mourront assassinés ou suicidés.