Grotius et le droit maritime

Commun à tous et n’étant propre à personne, tel est l’air qui nous environne et parce qu’il ne peut être occupé et parce qu’il se prête en com-mun à l’usage de tous. Pour les mêmes raisons… la mer est donc au nombre des choses qui ne sont point dans le commerce, c’est-à-dire qui ne peuvent devenir propriétés privées. La mer, étant insaisissable comme l’air, ne peut être ajoutée au domaine d’un peuple… Personne n’ignore qu’un navire qui traverse la mer n’y prend pas plus de droit qu’il n’y laisse de trace.
Ces mots publiés, le 11 mars 1609, pour la toute première fois, dans De la liberté de la mer de Grotius, témoignent, une fois de plus, de la volonté de son auteur de protéger la liberté des peuples.
Hugo de Groot (1583-1645), appelé Grotius, historiographe et philosophe hollandais, est connu comme le «père du droit international», réputation que lui vaut la publication de nombreux ouvrages, particulièrement Du droit de la guerre et de la paix, en 1625. Poursuivi pour ses opinions par les calvinistes et par Maurice de Nassau, Grotius, chantre de la liberté, quitte son pays en 1618 pour se réfugier en France où il devient ambassadeur de Suède au service de la reine Christine. Le « père du droit des peuples » sera un des premiers à se pencher sur le droit maritime.