Guillaume de Rubrouck : un franciscain chez les Mongols

Lettrine illustrant le carnet de voyage de Guillaume de Rubrouck.
Lettrine illustrant le carnet de voyage de Guillaume de Rubrouck.

Marco Polo, pour célèbre qu’il fut, n’est certes pas le premier voyageur européen à avoir atteint la cour du grand khan. Guillaume de Rubrouck l’avait fait avant lui. Mais ses motivations étaient rien moins que marchandes et cette cour n’était pas celle de Chine…
Arrivé en Terre sainte en 1252, ce moine franciscain va être chargé par saint Louis d’une étrange mission : se rendre à la cour du grand khan, en l’occurrence Mangou khan, le petit-fils de Gengis khan, et obtenir de ce haut personnage son soutien dans la lutte… contre l’islam. De fait, cette étrange demande répondait à une croyance largement répandue dans l’aide que les peuples, autres que chrétiens et européens, pourraient un jour apporter à l’Europe chrétienne dans sa lutte contre la monde islamique. Une sorte "d’union sacrée" symbolisée par la croyance en ce personnage légendaire qu’était le Prêtre Jean. Un souverain oriental qui va alimenter les espoirs des Européens durant des années ; un souverain légendaire mais dont l’existence avait quelques fondements historiques, d’où la mission de Guillaume de Rubrouck.
Au printemps 1253, donc, le franciscains quitte la Terre sainte, munies de lettres portant la signature du roi de Jérusalem, Baudouin II.
Constantinople, les comptoirs italiens de Crimée, Batou khan puis, enfin, Karakoroum, où résidait le grand khan. Trois mois de voyage suffiront pour parcourir près de 8000 kilomètres. Notre moine rencontra donc le grand khan, fit connaissance avec les prêtres nestoriens qui l’entouraient -preuve que le christianisme, même s’il s’agissait d’un christianisme hérétique, avait porté loin sa voix- mais échoua totalement dans son ambassade, autant du point de vue religieux -il n’était pas interdit d’espérer une conversion- que politique. En 1255, Rubrouck était de retour à Tripoli. Le roi de France ne l’avait pas attendu et était revenu dans son royaume, raison pour laquelle Rubrouck allait s’atteler à rédiger une relation la plus complète possible de son voyage, un "carnet de voyage" d’autant plus précieux qu’il est le premier à donner une description aussi complète de l’empire mongol du XIIIe siècle.