Harsha, le « Soleil de la vertu »

Brahmanes de Pondichéry (dessin du XIXe siècle).
Brahmanes de Pondichéry (dessin du XIXe siècle).

Fils d’un modeste raja, Prabhakaravardhana, souverain de la principauté de Sthaniçvara, près de Delhi, Harshavardhana Harsha, devait accéder au trône à tout juste seize ans, après que son frère aîné ait été assassiné (en 606). La première action d’Harsha sera de tirer vengeance du roi de Gaura, au Bengale, à l’origine de cet assassinat politique. Il y parvint au delà de ses espérances et Harsha devait multiplier les victoires au point d’édifier, en quelques années, un empire englobant le bassin du Gange, la Malwe, le Goudjerat, le Kathiawar et le Népal, en gros, tout le nord-nord ouest de la péninsule. Seules ses tentatives pour s’étendre plus au sud, dans la plaine du Dekkan, devaient se solder par des échecs.
Conquérant heureux, Harsha était également un homme d’une grande culture : un ouvrage sur la grammaire, mais également des poésies et trois drames en sanskrits sont à mettre à son crédit. Harsha, surnommé le "Soleil de la vertu", va également se distinguer par un intérêt profond envers la religion bouddhiste, lui-même étant de religion çivaite. Protecteur zélé du bouddhisme du Grand véhicule, il devait accueillir chaleureusement les missionnaires chinois et même réunir un "concile" bouddhiste à Kanauj, en 643.
Quelque temps plus tard, à Prayaga, il s’efforcera, en vain, de concilier les brahmanes et les bouddhistes. L’engagement résolument favorable du souverain aux bouddhistes allait avoir une conséquence autre que celle de l’apparition d’un bouddhisme indien : l’exil de nombreux brahmanes qui devaient en effet contribuer à la diffusion de la civilisation indienne en Asie orientale.
Harsha étant mort sans héritier, son empire ne devait pas lui survivre et sa chute allait entraîner celle, rapide, du bouddhisme indien.