Hastings : le sauveur de l’Inde britannique

Portrait de Warren Hastings (1732-1818).
Portrait de Warren Hastings (1732-1818).

D’une ancienne famille tombée dans la pauvreté, Warren Hastings devait faire sa fortune et sa gloire dans les colonies. Entré en 1750 au service de la Compagnie des Indes, envoyé au Bengale sous l’autorité de Clive, il devait en être le gouverneur en 1772 avant de prendre le poste, de 1773 à 1785, de gouverneur général de l’Inde. Un poste qui fera de lui l’artisan majeur du redressement de l’Inde britannique.
De fait, lorsqu’il entre en fonction, Warren Hastings sait déjà tout des gaspillages, des concussions qui noyautent le pays. Il sait tout des manques à gagner aussi et sa première action sera de réformer le "diwani", c’est-à-dire l’administration de Finances, et de reprendre en main la perception de l’impôt. A la réforme de l’impôt, suivra rapidement celle de la justice civile avec l’installation d’une cour d’appel à Calcutta et la mise en place d’une véritable politique coloniale. Une colonisation qui sera troublée par les incursions françaises -dommage "colatéral" à la guerre d’Indépendance américaine- et par la résistance plus ou moins organisée de quelques seigneurs.
Désireux de préserver au mieux les traditions indigènes, parlant lui-même le persan ainsi que plusieurs dialectes indiens, Hastings encouragea les études sanskrites des érudits britanniques, fonda un collège d’études arabes et la Société asiatique du Bengale. Malgré cette apparente bienveillance, son autoritarisme devait lui attirer les reproches des whigs -républicains- anglais et, en 1784, alors que Pitt avait soumis la Compagnie des Indes à la couronne par l’India Act, Hastings démissionna et, de retour en Angleterre, due faire face à un procès. Huit années de procédure devaient venir à bout de l’action en justice des opposants à Hastings qui, s’il gagna son procès, perdit toute sa fortune.