Hébert : le roi de la démagogie

Portrait d'Hébert (1757-1794).
Portrait d’Hébert (1757-1794).

C’est dans une famille fort modeste que Jacques René Hébert naît en 1757. Laquais, contrôleur de billets dans un théâtre, il aurait sans doute poursuivi dans cette vie relativement misérable si l’heure de la Révolution n’avait pas sonné.
Dépourvu d’instruction, il devient, étonnement, un auteur. Et un auteur lu et reconnu. Des billets pro-révolutionnaires, des pamphlets exaltés : telles sont les premières "œuvres" d’Hébert. Vient ensuite la fondation du "Père Duchesne", un journal qui gagnera en notoriété, plus encore après la disparition de "l’Ami du peuple". Et voilà cet homme sans instruction promu au rang de journaliste. Et pas n’importe lequel. Un journaliste engagé qui entre au Club des Cordeliers puis obtient le poste de procureur général de la Commune. De fait, l’ascension d’Hébert semble ne jamais devoir s’arrêter : il domine littéralement le Club des Cordeliers ainsi que les sociétés populaires, les sections parisiennes. Son influence ne s’arrête pas là : par l’intermédiaire de Collot d’Herbois et de Billaud-Varenne, il joue également de son influence au Comité de salut public où il se lance dans la surenchère populaire, démagogique. Principal artisan de la chute des Girondins, c’est sous son influence que la Convention adopte la terrible loi des suspects -septembre 1793. Une loi qui fera des milliers de victimes. C’est également du fait de ses accusations que Marie-Antoinette sera envoyée à l’échafaud. Rien, décidément, ne pouvait mettre un frein à la soif de sang et de pouvoir d’Hébert. Rien ni personne… si ce n’est Robespierre.
L’avocat de petite noblesse avait décidé de jouer aussi sa partition. Or, elle excluait Hébert. Et comme la miséricorde était bien loin des préoccupations de Maximilien de Robespierre, comme il avait une idée très haute et très claire de son devoir et de ce que la France méritait -à savoir lui-, Robespierre avait décidé la fin d’Hébert. C’est littéralement une course au pouvoir qui se joue en ces jours de mars 1794. Hébert a mobilisé ses "troupes", préparé une insurrection et Robespierre a préparé la chute d’Hébert. C’est l’homme d’Arras qui frappera le premier : Hébert est arrêté, accusé devant la Convention par Saint-Just, traduit devant le Tribunal révolutionnaire… et condamné. Le 24 mars 1794, Jacques René Hébert est exécuté laissant libre cours à la réforme vertueuse de la terreur version Robespierre.