Il était une fois… l’Amérique

Des Indiens du Canada.
Des Indiens du Canada.

On a beau discuter pour savoir qui, des Vikings, de Colomb ou d’un tierce a découvert l’Amérique, le nord du continent est sans nul doute, pour une large part, le fait des Anglais. En 1497, un Génois financé par l’Angleterre, aborde les côtes du Labrador : un acte qui vaudra aux Anglais de marquer à jamais l’histoire du continent nord américain. Pendant des années, l’Amérique du Nord va être négligée au profit du sud du continent qui attire aventuriers et mandataires des grandes puissances. Et si la Floride et le Colorado sont également explorés, c’est uniquement parce qu’on les soupçonne de receler de fabuleux trésors. Ceux sont Ponce Leon et Hernando de Soto qui, au XVIe siècle, se lancent dans cette aventure. Contrairement au continent sud, qui a vu s’établir un empire espagnol, aucun établissement ne voit le jour au nord.
Les Français vont être les premiers à s’établir et à fonder des colonies. Et après la défaite de l’Invincible armada, ceux sont les Français qui vont être les principaux rivaux de l’Angleterre sur le continent. Terre-Neuve et l’embouchure du Saint-Laurent, au XVIe siècle, ouvrent la voie aux pêcheurs des côtes ouest de la France ; Verrazano, un Florentin mandaté par François Ier, débarque en Floride en 1524, explore la Caroline du Sud et prend possession, au nom du roi de France, de l’embouchure du Saint-Laurent, de Terre-Neuve et des îles voisines. C’est la fondation de la Nouvelle-France.
Le débarquement des pèlerins du Mayflower.
Le débarquement des pèlerins du Mayflower.

Puis viennent les expéditions de Cartier au Canada de 1534 à 1545, jusqu’à ce que les affaires européennes tiennent la France éloignée du nouveau continent durant près d’un demi siècle. Au XVIIe siècle, en 1608, Champlain installe les premières familles françaises au Canada et fonde Québec… un an après que les Anglais, soudain intéressés, aient fondé Jamestown sur la côte américaine et peu avant que les Espagnols s’établissent à Santa Fé. C’est à ce moment-là que les trois puissances européennes entrent en rivalité pour la possession de l’Amérique du Nord.
Alors que les Français occupent les rives du Saint-Laurent puis étendent la Nouvelle-France à la vallée du Mississipi avec les expéditions de Nicolet, Cavelier de la Salle, du Père Marquette, les Anglais les ont nettement devancés dans la région où naîtront les premières colonies d’Amérique. Sir Gilbert, en 1578, puis son frère, Sir Walter Raleigh en 1584, se voient octroyer le droit, par la reine Elisabeth, d’établir des colonies sur le continent. La première sera la Virginie, nommée ainsi en hommage à la Reine Vierge Elisabeth. Une autre tentative, dans l’île Roanoke, sera un échec et s’achèvera avec le massacre des colons européens, parmi lesquels le premier enfant européen né en Amérique. Vingt ans plus tard, John Smith, réitère l’entreprise et fonde Jamestown d’où les Anglais allaient lancer une vaste campagne d’exploration et de conquête. En 1614, la Virginie du Nord devient la Nouvelle-Angleterre alors qu’un an plus tard les Hollandais établissent la Nouvelle-Néerlande. En 1619, les onze colonies de la Virginie ont un gouvernement représentatif et élisent une assemblée de bourgeois, parmi lesquels Jefferson, ancêtre de l’auteur de la déclaration d’Indépendance.
En 1620, les pélerins du Mayflower, des puritains anglais, s’établissent, marquant un tournant dans la colonisation de ce continent. Car, désormais, ce ne sont plus les nations qui mandatent, des aventuriers qui explorent et fondent, mais des groupes religieux qui espèrent trouver sur cette terre plus de liberté. Ce sera le cas du Massachussetts, avec Boston pour capitale ; ce sera le cas de Rhode Island et du Connecticut, du Maryland aussi. Et tandis que les colonies anglaises se multiplient, la colonies hollandaise de la Nouvelle-Néerland se trouve encerclée. En 1664, les Anglais s’en emparent et débaptisent Nouvelle-Amsterdam du nom de New York. En 1682, William Penn fonde la Pennsylvanie, lui aussi pour échapper au carcan religieux de l’Angleterre. Quelques autres possessions viendront compléter ce qui allait devenir les Etats-Unis. Des Etats qui, alors, ne sont ni unis ni indépendants.