Il était une fois… Rome

La louve de Rome allaitant Romulus et Rémus.
La louve de Rome allaitant Romulus et Rémus.

L’histoire des origines de Rome est si imprégnée des légendes que se sont créées les Romains qu’on en oublierait presque –et de fait on l’oublie- que la création de cette cité tient d’une histoire bien réelle.
C’est à Tite-Live, Plutarque ou Denys d’Halicarnasse que l’on doit la très belle légende de la fondation de Rome. S’inspirant de sources relativement tardives, de sources destinées, comme leurs écrits d’ailleurs, à ancrer le peuple romain dans un passé extraordinaire, pour ne pas dire divin, ils vont faire de Rome, admiratrice inconditionnelle de la civilisation grecque, l’héritière de la superbe Troie. Selon Varron, qui vit à l’époque de César, Rome aurait été fondée en 753 avant J.-C. par Romulus, le fils de Mars et d’une descendante d’Enée –un fils du roi troyen Priam. Romulus, ayant marqué d’un sillon les limites de la première Rome –la Roma quadrata-, fera de la cité un refuge pour les vagabonds et les hors-la-loi. Des hors-la-loi qui n’allaient pas tarder à trouver femmes en enlevant les Sabines.
Romulus sera le premier des sept rois de Rome. Après sa mort, en 715 avant J.-C., trois souverains sabins, Numa Pompilius, Tullus Hostilius et Ancus Martius, lui succèderont. C’est à eux que Rome devra l’organisation de la vie religieuse, la domination d’Albe-la-Longue, l’éternelle ennemie, et l’extension de la cité jusqu’au port d’Ostie.
Ruines du forum romain (gravure du XIXe siècle).
Ruines du forum romain (gravure du XIXe siècle).

Trois rois étrusques, Tarquin l’Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe, règneront à leur suite –et après avoir déposé les fils d’Ancus Martius. Le premier assura le pouvoir de Rome sur le Latium et débuta la construction du Capitole, le second engloba les sept collines dans les enceintes de la cité –devenue une véritable capitale- et le troisième, malgré sa préputation de tyran, acheva le Capitole et créa la Cloaca Maxima –les égoûts de Rome-, ce qui laisse à penser que la ville était déjà d’une taille respectable. Autant d’améliorations qui n’effacent pas la violence du dernier règne des Tarquins, lequel devait s’achever avec la révolte des nobles romains, menés par un certain Brutus –l’ancêtre de celui qui assassinat César- et l’établissement de la République.
L’histoire avec un grand H
L’histoire est si précise qu’on s’y laisserait presque prendre, oubliant qu’il ne s’agit pas là de faits mais de littérature. On aurait tort, cependant, de gommer entièrement ce récit, certes en bonne partie légendaire. Car il s’inspire, c’est certain et l’archéologie le confirme, de faits historiques.
Placée au cœur de la plaine fertile du Latium, environnée de sept collines –ce qui lui donnait une situation stratégique de premier plan-, Rome fut sans doute habitée dès le Xe siècle avant J.-C.. Dès le VIIIe siècle avant notre ère, sept villages –les Septimonium-, chacun placé sur une colline, allaient former une ligue politique et économique. D’abord dominé par les Sabins, installés sur le Quirinal et le Viminal, la ligue et le Latium tout entier allaient bientôt subir la domination étrusque. Deux périodes bien nettes qui correspondent aux dynasties sabines puis étrusques de la légende. Une légende qui, tout en se montrant fortement hostile au souvenir de ces souverains, leur reconnaît néanmoins une influence bénéfique dans l’extension romaine. Et en effet, ce sont bien les Etrusques qui seront les véritables fondateurs de Rome. Jusqu’à lui donner son nom, Rumon, qui signifie « Ville-du-fleuve ».
Ainsi onc naquit la grande, l’étonnante Rome. Et historique ou littéraire, c’est son histoire tout entière qui est digne d’une légende…