« Il neigeait… »

La retraite de Russie (gravure du XIXe siècle).
La retraite de Russie (gravure du XIXe siècle).

Le 14 septembre 1812, la Grande Armée atteint Moscou. Avides de repos, les soldats de Napoléon pensent trouver l’abondance dans ces édifices, « tous couverts d’un fer poli et coloré », raconte Ségur.
Un rayon de soleil faisait étinceler cette ville superbe de mille couleurs variées. Napoléon s’arrêta lui-même, transporté de joie. Une exclamation de joie lui échappa.
Mais la stupeur remplace la joie : Moscou est déserte… Rostopchine l’a vouée aux flammes. Trois jours, il faudra trois jours pour que l’incendie dévaste totalement la capitale russe et fasse fuir les Français.
Le 17 septembre, le rêve moscovite de l’Empereur s’est évanoui, comme l’a si bien décrit Hugo :
Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois, l’aigle baissait la tête.
Sombres jours ! L’Empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait.