L’abbaye de Saint-Vaast

Le meurtre de saint Léger (détail d'une gravure du XIXe siècle).
Le meurtre de saint Léger (détail d’une gravure du XIXe siècle).

L’ère des souverains mérovingiens fut, comme chacun sait, d’une violence extrême et engendra nombre de martyrs… au caractère religieux parfois contestable cependant. C’est notamment le cas du martyr de saint Léger, évêque d’Autun mais, surtout, chef de l’opposition au roi Thierry III et à son maire du palais Ebroïn. Aveuglé, décapité, l’évêque, évidemment assassiné pour son action politique, allait faire l’objet d’une vénération toute religieuse et voire son culte se répandre rapidement dans toute la France. Une situation que n’avait sans doute pas prévu Ebroïn pas plus que Thierry III qui allait se voir contraint de faire amende honorable, d’expier même, pour un meurtre qui, somme toute, n’avait rien de sacrilège. Peu importe pour le peuple, qui avait fait de saint Léger une icône. Peu importe si ce n’est que ce malentendu -car s’en est un- allait conduire à l’édification d’un des plus beaux monuments du Moyen-Age. En effet, désirant expier son crime -perpétré par son maire du palais d’ailleurs-, le souverain mérovingien allait édifier, une abbaye à l’emplacement du tombeau du premier évêque d’Autun, un certain saint Vaast. Erigée au rang d’abbaye royale au IXe-Xe siècle, l’abbaye de Saint-Vaast sera un des plus puissants et des plus fervents établissements du Moyen Âge. Comme nombre de monuments religieux, qu’ils soient ou non exceptionnels, Saint-Vaast subira les outrages de la Révolution qui la supprimera.