L’Evangile selon saint Jean

Icône représentant saint Jean l'Evangéliste.
Icône représentant saint Jean l’Evangéliste.

Depuis toujours, en fait depuis les premiers temps de l’Eglise, les chrétiens se sont intéressés à l’authenticité des livres saints. Et celui qui paraissait jouir de la plus grande autorité ou du moins qui faisait référence plus que les autres était l’Evangile de Jean. Il faut dire que la tradition et les plus grands dignitaires de l’Eglise primitive font référence à cet Evangile, en citant des passages entiers ou, mieux, affirmant que l’apôtre saint Jean, le « disciple que Jésus aimait » était bel et bien l’auteur de cet écrit. Le « Canon de Muratori », écrit à Rome en 180, révèle que « l’Evangile de Jean a été rendu public et remis aux églises par Jean lui-même, de son vivant, d’après ce que dit Papias de Hiérapolis ». Or, Papias est reconnu comme un disciple de Jean. La longévité de l’apôtre est d’ailleurs un allié précieux : elle lui a permis de connaître bien des penseurs de l’Eglise, de participer, non plus à une Eglise en devenir, comme Pierre ou Paul, mais à une Eglise avec qui il faut déjà compter ; une Eglise pourvue, non seulement d’évangélisateurs et de convertis, mais aussi d’une hiérarchie reconnue et établie. Et c’est son témoignage direct qu’il livre alors à ceux qui n’ont pas connus le Christ mais qui croient en la divinité du Nazaréen.
L’histoire, elle aussi, confirme l’authenticité de cette affirmation et Tertullien, qui écrit au Iie siècle, affirme même que l’évêque saint Polycarpe a été sacré par Jean lui-même. L’histoire le dit et la tradition le confirme comme le confirme l’étude même de cet évangile à nul autre pareil. En effet, alors que les trois premiers évangiles rapportent les faits et gestes du « Maître », l’Evangile de Jean semble vouloir non pas raconter, mais convaincre. Il n’est pas là pour relater une histoire, mais pour faire office de catéchisme. Au point, d’ailleurs, que certains érudits pensent que Jean aurait écrit son Evangile après les trois autres -la dénomination de « quatrième évangile » ne serait pas alors de pure forme- afin de palier à certaines de leurs faiblesses, à certains de leurs manques. Une oeuvre doctrinale inspirée, qui fait la part belle à la Trinité, raison pour laquelle, sans doute, cet Evangile se verra en but aux attaques de toutes sortes.