La Bohême, la Bohême…

Vue de Prague (gravure du XIXe siècle).
Vue de Prague (gravure du XIXe siècle).

On suppose, sans en avoir de certitude, que c’est des Celtes béoïens que la Bohême tire son nom. Des Celtes qui, vers 60 après J.-C. seront repoussés par les Germains, lesquels devaient s’installer six siècles durant sur ce territoire d’Europe centrale. Remplacés au VIe siècle par les Slaves tchèques, les Germains devaient alors émigrer vers la Bavière, laissant la place à un peuple qui, au IXe siècle, allaient rattacher la Bohême au royaume de Grande Moravie, détruit par les Hongrois en 907-908. Deux peuples s’affrontaient alors : les Germains, en la personne des rois allemands devenus suzerains de Bohême, et les Slaves en la personne des ducs de Bohême issus de la maison de Prémyslides. Un antagonisme qui devait se manifester notamment lors de la mission d’apostolat des slaves Cyrille et Méthode, qui évangélisèrent la Bohême au Xe siècle. Irrémédiablement liée au Saint Empire romain germanique dont les ducs de Bohême étaient les vassaux, la dynastie des Prémyslides devait perdurer jusqu’au début du XIVe siècle. Mais, déjà, au siècle précédent, la Bohême devait connaître une forte colonisation allemande et c’est assez naturellement que, à la mort du dernier représentant de la dynastie slave, la Bohême passa sous l’autorité de Jean de Luxembourg, le fils de l’empereur du Saint Empire, Henri VII.
C’est donc désormais sous l’autorité de la maison de Luxembourg que la Bohême devait s’épanouir.
Et c’est ce qu’elle fit, notamment sous les règnes de Charles IV et de Wenceslas IV qui verront et engendreront ce qui est considéré comme l’apogée culturelle de la Bohême, avec, notamment, la fondation de l’université de Prague (1348).
Touchée de plein fouet par l’agitation religieuse et les velléités nationalistes des hussites -proches des protestants-, la Bohême connaîtra, sous le dernier souverain de la maison de Luxembourg, l’empereur Sigismond, quinze années de désolation et de guerre civile. Après lui, la Bohême allait être le jeu des ambitions de tous : à Ladislas Ier, fils d’Albert d’Autriche et de la fille de Sigismond, succéderont George de Podébrady, un noble hussite, puis les Jagellons de Pologne, Ladislas II et Louis, suivi de Ferdinand Ier, frère de Charles-Quint. Après lui, la Bohême ne devait plus connaître l’indépendance, intégrée qu’elle était aux possessions des Habsbourg, jusqu’en 1918. A cette date, elle sera agglomérée par ordre du Traité de Versailles aux Slovaques, formant la Tchécoslovaquie.