La Chambre ardente

Une Chambre ardente au XVIe siècle (gravure du XIXe siècle).
Une Chambre ardente au XVIe siècle (gravure du XIXe siècle).

Parce que le nom sonnait particulièrement bien concernant cette affaire sombre et sulfureuse des Poisons, on a tendance à penser que la Chambre ardente lui est spécifique. Il est vrai, en effet, que Louis XIV l’institua pour juger des actions de Madame de Brinvilliers et de La Voisin. Mais si dans l’Affaire des Poisons on lui a donné un autre nom, celui de Cour des Poisons, c’est bien pour la différencier des autres Chambres ardentes. De fait, ce terme servait à désigner des « cours de justice extraordinaires investies afin de juger de faits d’exceptions ». Des jugements qui sont souverains et exécutés immédiatement.
Il y a donc bien, non pas une Chambre ardente, mais des Chambres ardentes, parmi lesquelles on compte les commissions érigées dans chaque parlement afin de punir les hérétiques, en 1535 ; ou encore la Chambre qui, sous la Régence, vérifiera les comptes des fermiers généraux ou jugera des opérations de Law.
Tendues de noir, éclairées, y compris le jour, de flambeaux, ce n’est qu’à cette petite mise en scène qu’elles doivent leur nom…