La Chine en vient « aux poings »

Prêtre chinois au XIXe siècle (gravure d'époque).
Prêtre chinois au XIXe siècle (gravure d’époque).

Les Boxers ou "confrérie des poings". C’est sous ce nom que l’on désigne un vaste mouvement de révolte anti chrétien qui embrasse la Chine entre 1898 et 1900. Désireux de "délivrer la Chine du nord des démons qui usurpent la place du Ciel en poussant les Chinois à adhérer au christianisme", comme le proclame cet extrait d’un texte affiché à Pékin en 1899, les Boxers "aux pouvoirs surnaturels" sont recrutés parmi les jeunes gens de la Chine du Nord, en pleine récession, et parmi les bateliers, inaptes à suivre les nouvelles techniques de navigation. De fait, les "étrangers", notamment les chrétiens, font ici office de boucs émissaires. Un rôle largement relayé auprès de la population par les élites chinoises qui peinent à justifier leur manquement. Un rôle sensé faire oublier la gêne de la population chinoise, perdue dans un monde en pleine mutation.
En fait, c’est la modernité que rejettent les Boxers, les religieux occidentaux n’en étant guère que les "représentants" les plus visibles et les plus proches du peuple. Déjà, en 1830, les Jésuites avaient fait les frais de l’opposition à la pénétration européenne. Une pénétration qui apparaît jusqu’au cœur du pouvoir, les Jésuites étant particulièrement écoutés des empereurs Ming. Cette fois, c’est du pouvoir lui-même, et plus précisément de l’impératrice Tseu-Hi, que viendra le signal de la révolte… et du massacre.
En juin 1900, habilement encadrée par les Boxers, la population pékinoise devait envahir les missions catholiques et les légations étrangères : les prêtres sont massacrés, le ministre allemand assassiné, les légations envahies.
La réaction des puissances occidentales, mises en péril dans cette région du globe pourtant riche en promesse, ne se fera guère attendre. Une armée alliée, placée sous commandement allemand, devait envahir Pékin, arrêter les chefs des Boxers et les exécuter et mettre en fuite le gouvernement impérial. Désormais, les empereurs chinois ne seront plus jamais indépendants ; quant à l’Europe, elle aura tout loisir de poursuivre son expansion économique.