La gloire des foires

Une foire de Champagne au XIIIe siècle (gravure ancienne).
Une foire de Champagne au XIIIe siècle (gravure ancienne).

On évoque souvent les foires du Moyen Age. De fait, elles étaient essentielles, non seulement dans l’échange commercial mais également dans l’échange intellectuel et civilisationnel. Situées à de grands carrefours naturels, les foires étaient l’occasion non seulement de vendre -en général des grossistes aux détaillants- mais également de se rencontrer, d’échanger.
La plus ancienne foire de France se tenait à Saint-Denis et on la date généralement de 629. D’autres foires s’établiront à Paris : celle du Lendit, celle de Saint-Lazare, instituée par Louis VI, celle de Saint-Germain au XIIe siècle, ou encore celle de la Saint-Laurent, établie par Philippe Auguste. Dans le Languedoc, la principale foire était celle de Beaucaire mais de toute la France, ce sont les foires de Champagne et de Brie qui devaient avoir le plus d’impact. Attirant les marchands d’Angleterre, de Flandre, d’Allemagne mais également de Provence et d’Italie, les foires de Champagne allaient faire la fortune des princes de la région.
 En effet, outre la protection des marchands et des marchandises, ils percevaient des taxes sur les transactions. On imagine aisément les fortunes en jeu, d’autant que les foires de Provins, Bar-sur-Aube ou Troyes duraient pas moins de six semaines ! Une fortune qui allait attiser la convoitise des rois de France qui, après le rattachement de la Champagne à la couronne (1284), tenteront d’en tirer un maximum de profit. Une erreur fatale en l’occurrence, l’avidité des rois leur ayant imposé d’augmenter les taxes… ce qui allait provoquer le déclin des foires.