La Grande Compagnie catalane

Un soldat au XIVe siècle.
Un soldat au XIVe siècle.

Ils vont être un des pires fléaux de tout le Moyen Âge. A chaque guerre, à chaque paix : ils ravageront les terres laissées à leur pillage et les souverains auront toutes les peines du monde à les canaliser, voir, à s’en débarrasser. Le meilleur moyen, employé la plupart du temps, étant de déplacer le "problème" en envoyant ces troupes vers d’autres combats.
C’est que les mercenaires, amplement utilisés par tous les souverains d’Europe, ne savaient faire que la guerre. Qu’ils ne connaissaient que le combat et la rapine. Et si la guerre avait officiellement cessé, leurs besoins étaient les mêmes. Sans guerre : plus de chef. Sans chef : le pillage.
Telle est donc l’équation que Pierre III d’Aragon aura à résoudre après avoir engagés la Grande Compagnie catalane, faite de soldats mercenaires aragonais ou catalans, dans sa lutte sicilienne contre Charles d’Anjou (1282). S’étant doté d’un chef, en la personne de Roger de Flor, la Grande Compagnie devait entrer au service de l’empereur de Constantinople, en lutte contre les Ottomans (1304-1305). Mais une brouille avec les Grecs allait, de nouveau, laisser ces mercenaires sans conflit… jusqu’à ce qu’ils s’en créent un.
Ayant formé une république militaire en Thrace -qu’ils avaient conquis (1307), les mercenaires de la Grande Compagnie devaient dévaster la Thessalie l’année suivante. Seule leur mésentente, qui allait les conduire à se combattre mutuellement, allait laisser quelque répit à l’empire byzantin. Un répit seulement car, en 1312, ils se lancèrent à l’assaut d’Athènes et des Etats de son duc, Gauthier de Brienne, dont ils s’emparent. Après avoir offert leurs service à Brienne, ils s’adressèrent au roi de Sicile, Frédéric II qui devait leur répondre en leur proposant son fils comme seigneur et duc.
Finalement, la Grande Compagnie catalane allait "mourir de sa belle mort" : par manque de nouvelles recrues, elle devait finalement disparaître au XIVe siècle.