La journée des Abatis

Le Grand Condé (1621-1686), d'après une gravure ancienne.
Le Grand Condé (1621-1686), d’après une gravure ancienne.

Quand Louis XIII meurt, la France est plongée en pleine guerre de Trente Ans. Le sort du royaume est menacé quand la France découvre son dieu de la guerre : le duc d’Enghien. Il a déjà acquis une gloire éternelle à Rocroi quand, le 3 août 1743, il rejoint Turenne sous les murs de Fribourg-en-Brisgau.
L’art le plus habile et la plus heureuse disposition du terrain, note un  historien, semblaient protéger le camp des Bavarois. De hautes montagnes et un bois marécageux en formaient l’enceinte ; tous les abords en étaient garnis de redoutes et de palissades ; des postes nombreux couvraient les revers des hauteurs.
Enghien et Turenne se séparent, le premier se chargeant de l’attaque directe par les montagnes et le second de l’attaque par le flanc. Quand le duc d’Enghien suppose que le maréchal a atteint son but, il donne l’ordre du combat. Repoussé à deux reprises par les Allemands, le prince met pied à terre et, prenant la tête de ses troupes, lance une dernière fois la charge. Tous les volontaires se précipitent sur ses pas, les palissades sont franchies, les redoutes emportées, la ligne de défense brisée. Pour les Bavarois, c’est la journée des Abatis…