« La Merveille » du Mont-Saint-Michel

Le Mont-Saint-Michel, d'après une iconographie du XIXe siècle.
Le Mont-Saint-Michel, d’après une iconographie du XIXe siècle.

Parce que l’archange saint Michel le lui avait commandé lors d’une apparition, saint Aubert, évêque d’Avranches, fit construire, en 708, un petit oratoire sur un petit rocher granitique, situé à 5 kilomètres environs de la côte, au fond de la baie de Cancale. Dès 966, sous l’impulsion de Richard Ier de Normandie, l’oratoire devait laisser la place à une abbaye bénédictine, Notre-Dame-sous-Terre, à laquelle devait s’ajouter, aux XIe-XIIe siècles, une église romane dont subsiste encore la nef.
Mais ces constructions, déjà étonnantes, n’étaient rien par rapport à l’abbaye gothique, entreprise avec l’aide financière de Philippe Auguste et de saint Louis, et qui acquit rapidement le surnom de la Merveille. Centre religieux important –c’ était un lieu de pèlerinage très fréquenté au Moyen Âge- mais aussi place forte essentielle, notamment contre les Anglais, le Mont-Saint-Michel se verra également doté de différents bâtiments abbatiaux et de remparts (XIIIe-XVe siècles), qui allaient lui permettre de résister victorieusement aux attaques anglaises durant les trente dernières années de la guerre de Cent Ans. Les épisodes militaires qui ont jalonné son histoire n’ont, heureusement, pas endommagé la Merveille qui est, sans conteste, une des gloires de l’architecture médiévale, comptant parmi les plus beaux trésors de France.