La mort de Marguerite de Bourgogne

Illustration d'une légende, celle de la mort de Marguerite de Bourgogne (gravure du XIXe siècle).
Illustration d’une légende, celle de la mort de Marguerite de Bourgogne (gravure du XIXe siècle).

Tout le monde connaît le personnage ô combien sulfureux de Marguerite de Bourgogne, épouse adultère de Louis X dans les Rois maudits de Maurice Druon. Dénoncée par sa belle-sœur, la terrible Isabelle de France, surprise par son beau-père, elle fut arrêtée sur son ordre, de même qu’une autre bru de Philippe le Bel, sa cousine Blanche, et condamnée à la prison dans la forteresse de Château-Gaillard. Les amants des princesses, quant à eux, furent proprement torturés, émasculés et finalement tués.
Les choses n’étaient cependant pas réglées, loin de là. En effet, allait bientôt se poser le problème de la succession de Louis X le Hutin. Faire invalider l’union de Marguerite et de Louis n’aurait dû poser aucun problème… sauf que pour ce faire il fallait l’aval du pape et qu’à l’époque la chrétienté n’en était pas pourvue ! Dès l’accession de Louis X au trône, en 1314, la question se fit pressante : il lui fallait une descendance ! Et une descendance qui ne soit pas suspecte. Impossible donc de pardonner à Marguerite, dont les grossesses seraient toujours sujettes à caution. Impossible aussi d’attendre des mois que les cardinaux se décident enfin à élire l’un des leurs au trône de Pierre. Il ne restait plus que la solution de l’élimination de Marguerite qui, faisant de Louis un veuf, lui permettrait de se remarier. C’est ce que suggère Druon dans son ouvrage en racontant l’assassinat de Marguerite de Bourgogne, étranglée un sombre matin de 1315.
L’idée était plaisante et nombre d’historiens y souscriront au XIXe siècle. La vérité est cependant plus prosaïque et c’est de froid que la pauvre Marguerite est morte à Château-Gaillard…