La Renaissance et les femmes : le retour aux antiques

C’est en Italie, sous l’influence de Pétrarque et de Boccace, qui traduit Homère en latin, que naît le mouvement humaniste. Rapidement, une douzaine d’auteurs vont leur emboîter le pas et déclencher cet « engouement pour Platon », au point qu’en 1445 une académie est fondée à seule fin d’étudier ce philosophe. Et cette mode, cette redécouverte, dont tous les penseurs de la Renaissance vont se nourrir, va faire porter un regard nouveau sur la femme, ce qui est assez logique quand on sait la place des femmes dans la société antique. Aristote ne doutait-il pas qu’elles aient une âme ? Platon ne voyait-il pas en elle un être trop vil « pour être une partenaire de l’Amour », c’est-à-dire du sentiment, non de l’acte sexuel ? Mettre en valeur l’homme n’est certes pas une mauvaise chose, mais le mettre au-dessus de tout, comme le fait la pensée humaniste, conduit tout simplement à rabaisser la femme.
Issue de la pensée humaniste, ce que l’on a appelé la Querelle des femmes ne fait que confirmer ce changement.
Déclenchée par un juriste qui proposait une nouvelle forme de contrat de mariage, la Querelle des femmes va animer les milieux intellectuels durant les trente premières années du XVIe siècle et conduire à une réflexion sur la femme elle-même, son statut, son éducation. Mais si l’initiateur de la Querelle, André Tiraqueau, affirme la nécessité d’une réciproque affection dans le mariage, il affirme clairement la supériorité de l’homme sur la femme, accordant, selon Catherine Claude, « un rôle de protecteur au mari puisqu’il est supérieur à la femme ». Difficile de ne pas superposer à la vision de Tiraqueau celle du paterfamilias antique. La polémique, animée par d’autres penseurs humanistes d’ailleurs, glissera bien vite du mariage aux vertus féminines, aux défauts féminins bien sûr puis à la nécessaire éducation des femmes -qui existait pourtant déjà comme l’ont prouvé nombre de femmes, de Christine de Pisan à Marguerite de Navarre. Rien de bien intéressant ne sortira de cette fameuse Querelle, si ce n’est la supériorité, soutenue par tous, d’un modèle familial de type patriarcal.
Paradoxalement, si la pensée humaniste dessert la gent féminine, certaines femmes vont jouer le rôle de conducteur, de propagateur de cette pensée dans les milieux intellectuels.
En effet, alors que politiquement les femmes n’ont plus désormais qu’un rôle mineur, nombre d’entre elles vont se distinguer au niveau philosophique ou artistique.
Ainsi en est-il de Marguerite de Navarre, sœur de François Ier. Née d’une mère qui attachait une importance capitale à l’éducation, Marguerite étudiera donc l’hébreu, le latin, la philosophie, la théologie et les langues vivantes : un « bagage » qui allait faire d’elle une des figures majeures des milieux intellectuels. Passionnée d’érudition et de poésie, mécène dans l’âme, elle fera de la cour de Navarre un foyer actif de la Renaissance et de l’humanisme, s’assurant les services et l’amitié d’un Robert Estienne, d’un Clément Marot, d’un Rabelais aussi. En cela, elle poursuit l’ambition des femmes du Moyen Âge qui, à l’image d’une Aliénor d’Aquitaine, ont su faire de leur cour ou de leur château des lieux de réflexion ou de propagation de l’art.
De la même façon, la belle Paule de Viguier, devenue veuve et fort riche, utilisera sa fortune et sa réputation de beauté incomparable pour attirer dans son château poètes et écrivains et introduire ainsi à Toulouse l’art et l’esprit de la Renaissance.

La Renaissance et les femmes : le retour aux antiques

C’est en Italie, sous l’influence de Pétrarque et de Boccace, qui traduit Homère en latin, que naît le mouvement humaniste. Rapidement, une douzaine d’auteurs vont leur emboîter le pas et déclencher cet « engouement pour Platon », au point qu’en 1445 une académie est fondée à seule fin d’étudier ce philosophe. Et cette mode, cette redécouverte, dont tous les penseurs de la Renaissance vont se nourrir, va faire porter un regard nouveau sur la femme, ce qui est assez logique quand on sait la place des femmes dans la société antique. Aristote ne doutait-il pas qu’elles aient une âme ? Platon ne voyait-il pas en elle un être trop vil « pour être une partenaire de l’Amour », c’est-à-dire du sentiment, non de l’acte sexuel ? Mettre en valeur l’homme n’est certes pas une mauvaise chose, mais le mettre au-dessus de tout, comme le fait la pensée humaniste, conduit tout simplement à rabaisser la femme.
Issue de la pensée humaniste, ce que l’on a appelé la Querelle des femmes ne fait que confirmer ce changement.
Déclenchée par un juriste qui proposait une nouvelle forme de contrat de mariage, la Querelle des femmes va animer les milieux intellectuels durant les trente premières années du XVIe siècle et conduire à une réflexion sur la femme elle-même, son statut, son éducation. Mais si l’initiateur de la Querelle, André Tiraqueau, affirme la nécessité d’une réciproque affection dans le mariage, il affirme clairement la supériorité de l’homme sur la femme, accordant, selon Catherine Claude, « un rôle de protecteur au mari puisqu’il est supérieur à la femme ». Difficile de ne pas superposer à la vision de Tiraqueau celle du paterfamilias antique. La polémique, animée par d’autres penseurs humanistes d’ailleurs, glissera bien vite du mariage aux vertus féminines, aux défauts féminins bien sûr puis à la nécessaire éducation des femmes -qui existait pourtant déjà comme l’ont prouvé nombre de femmes, de Christine de Pisan à Marguerite de Navarre. Rien de bien intéressant ne sortira de cette fameuse Querelle, si ce n’est la supériorité, soutenue par tous, d’un modèle familial de type patriarcal.
Paradoxalement, si la pensée humaniste dessert la gent féminine, certaines femmes vont jouer le rôle de conducteur, de propagateur de cette pensée dans les milieux intellectuels.
En effet, alors que politiquement les femmes n’ont plus désormais qu’un rôle mineur, nombre d’entre elles vont se distinguer au niveau philosophique ou artistique.
Ainsi en est-il de Marguerite de Navarre, sœur de François Ier. Née d’une mère qui attachait une importance capitale à l’éducation, Marguerite étudiera donc l’hébreu, le latin, la philosophie, la théologie et les langues vivantes : un « bagage » qui allait faire d’elle une des figures majeures des milieux intellectuels. Passionnée d’érudition et de poésie, mécène dans l’âme, elle fera de la cour de Navarre un foyer actif de la Renaissance et de l’humanisme, s’assurant les services et l’amitié d’un Robert Estienne, d’un Clément Marot, d’un Rabelais aussi. En cela, elle poursuit l’ambition des femmes du Moyen Âge qui, à l’image d’une Aliénor d’Aquitaine, ont su faire de leur cour ou de leur château des lieux de réflexion ou de propagation de l’art.
De la même façon, la belle Paule de Viguier, devenue veuve et fort riche, utilisera sa fortune et sa réputation de beauté incomparable pour attirer dans son château poètes et écrivains et introduire ainsi à Toulouse l’art et l’esprit de la Renaissance.