La renaissance polonaise… sous l’égide américaine

Thomas Woodrow Wilson (1856-1924).
Thomas Woodrow Wilson (1856-1924).

De tout temps la Pologne aura été, pour ses voisins, une terre à conquérir, un "gâteau" à se partager. Une situation sans doute due, en grande partie, au manque de suivi dynastique. De fait, du XVIIe siècle au XXe siècle, ce territoire d’Europe central, idéalement situé entre l’Occident et l’Orient, entre l’Europe et la Russie, va faire l’objet d’une conquête acharnée, d’un dépeçage systématique. La Prusse, l’Autriche, la Russie s’empareront du gâteau polonais à pas moins de trois reprises. La facilité avec laquelle ces puissances s’affranchiront de tout scrupule conduirait même à se demander si les Polonais eux-mêmes en avaient jamais pris ombrage. Pourtant, la résistance polonaise sera réelle, à défaut d’être efficace. Une résistance dans laquelle s’illustreront des noms -encore connus en France mais de manière différente- tels que Poniatowski ou Kosciuszko !
La résistance de 1794, la révolte de 1848, les prémices d’indépendance de 1905 n’y feront rien. En fait, il faudra la menace soviétique, la peur du communisme pour qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, le président Wilson exige la création d’un Etat polonais. De la même façon qu’il avait "exigée" celle de la Yougoslavie ou de la Tchécoslovaquie -et on a vu avec quel résultat dès lors que ces pays auront secoué le joug soviétique. Petite particularité cependant, Wilson veut "la création d’un Etat polonais uni et indépendant avec libre accès à la mer". Un détail qui allait littéralement faire saliver les Allemands puis les Soviétiques, qui n’auront de cesse de contrôler ce pays -avec un succès tout relatif-, et qui donnera à la Pologne un réel pouvoir. Le tout étant alors de vouloir l’exercer.