La révélation de Tagès

Statue en bronze d'une suppliante.
Statue en bronze d’une suppliante.

La religion étrusque est une religion révélée. Mais contrairement aux religions du Livre, il ne s’agit nullement de la révélation de l’existence de Dieu ou du destin de l’homme, mais uniquement des rites cultuels à suivre. Des rites qui permettent d’entrer en contact avec les dieux, de pénétrer leur monde, notamment par les rites divinatoires. De fait, il s’agit donc de la démarche strictement inverse à celle des religions du Livre qui ont établi les rites en fonction de la connaissance qu’elles avaient de Dieu et des rapports humains-divins.
Cicéron ou encore Ovide, qui comme nombre de Romains se sont passionnés pour la religion étrusque, ont rapporté la plus célèbre de ces révélations. Elle serait le fait de Tagès. Un jour qu’un paysan labourait son champ, un enfant paru au milieu des sillons, comme sorti de terre. Tagès, puisque tel était son nom, devait enseigner au paysan ainsi qu’à tous les véritables Etrusques, c’est-à-dire les membres des douze peuples, les rites et les choses sacrées qui seront transcrits dans les Libri haruspiscini.
D’autres ouvrages verront le jour suite à cette révélation, sans pour autant que leur origine soit certaine. D’autant que d’autres révélations, provenant d’autres "révélateurs", comme Cacu ou Vegoia, feront leur apparition, sans pour autant avoir l’impact de celle de Tagès. A croire même qu’elles ont été le fait de quelques grandes familles, avides d’asseoir leur pouvoir politique ou même terrien sur la possession et la compréhension de textes sacrés. Et il est clair que cette connaissance rituelle et cultuelle avait son importance ; que son poids était réel au niveau politique. Il sera même tel qu’Auguste fera tout pour rassembler ces mêmes textes à Rome afin de les placer sous sa garde.