La « révolution » d’Etienne Marcel

Né vers 1315 dans une ancienne  famille aisée de la bourgeoisie, Étienne Marcel fait une entrée fracassante dans l’histoire en 1355, lors de l’ouverture des États-généraux. Il y représente, en tant que nouveau prévôt, la puissante confrérie des marchands parisiens. La guerre contre les Anglais a vidé le trésor royal et Jean II le Bon (1350-1364) n’a d’autre solution que de recourir à une augmentation de la gabelle. Les États obtiennent, entre autres choses, le retrait du droit de prise, qui soulevait, depuis un demi-siècle, des réclamations désespérées.
Après la bataille de Poitiers, en 1356, Jean II le Bon est fait prisonnier et le Dauphin rentre à Paris pour assurer la régence. Étienne Marcel, en tant que prévôt des marchands, a les mêmes pouvoirs qu’un maire. Avec l’accord du Dauphin, il assure la sécurité de la ville par de nouvelles fortifications.
Suite à la convocation des nouveaux États généraux par le Dauphin, Étienne Marcel, suivi des notables, organise, à Paris, une véritable révolution urbaine. S’appuyant sur Charles le Mauvais, roi de Navarre (1349-1387), Étienne Marcel soulève la population, ce qui provoque la mort des deux principaux conseillers du Dauphin. Devenu maître de la capitale, il étend la révolte à la province. Mais, le Dauphin, obligé de le proclamer régent, affame Paris qui cède. Étienne Marcel est assassiné le 31 juillet 1358. La capitale est matée : la révolution populaire parisienne a échoué et le pouvoir royal est sauvé… pour plusieurs siècles !