La saga des Beauharnais

Eugène de Beauharnais (1781-1824), d'après une gravure du XIXe siècle.
Eugène de Beauharnais (1781-1824), d’après une gravure du XIXe siècle.

A n’en pas douter, c’est bien le soleil de la Martinique qui va apporter à la famille de Beauharnais toute sa renommée. Un soleil nommé Joséphine.
Née dans les terres brumeuses de Bretagne, cette famille de magistrats et de hobereaux s’établira en Orléanais au XVIe siècle avant de se lancer dans l’aventure américaine. A la Martinique, affectation du gouverneur François de Beauharnais, il prend lien avec une vieille famille de l’île et en 1779 son fils, Alexandre, épousera Joséphine Rose Tascher de la Pagerie. Le vicomte Alexandre ne connaîtra qu’une gloire personnelle toute relative comparée à celle de son épouse et de ses enfants. Pourtant, il est passé à deux doigts de l’immortalité. Par deux fois président de l’Assemblée constituante, il est celui qui fera arrêté puis emprisonné Louis XVI et sa famille. Il est celui qui, à l’époque, était regardé comme un nouveau monarque, au point que le peuple s’amassait sous les fenêtres de sa demeure afin d’y voir Hortense et Eugène, devenus les nouveaux enfants royaux. Un présage s’il en fut ; un présage qui ne concernera cependant que les enfants d’Alexandre, ce dernier finissant sa vie, comme le roi qu’il avait condamné, sur la guillotine (1794). Mais si Alexandre laissa échapper la gloire, si, pour une fois dans sa vie, il ne su être opportun ou opportuniste, Joséphine le sera pour deux, se hissant jusqu’à la plus haute arche au point d’acquérir le titre d’impératrice.
Quant aux enfants du vicomte, ils ne seront pas en reste : Hortense deviendra reine de Hollande et sera la mère du futur Napoléon III et Eugène, vice-roi d’Italie par la volonté de son beau-père, Napoléon Ier, obtiendra par mariage le titre de prince de Leuchtenberg et d’Eichstätt. Un monceau de titres et d’honneurs qui aurait sans nul doute enchanté le vicomte Alexandre, être ô combien imbu de sa personne.