La sauvegarde du monde celte

Bien qu’actuellement il se limite à la Bretagne, à la Grande-Bretagne, à la Galice à l’Irlande et à l’île de Man, le monde celtique était bien plus étendu au début de notre ère.
Il recouvrait la Belgique, la Gaule et une grande partie de l’Allemagne, comme de l’Espagne. Après l’adoption du christianisme en tant que religion officielle de Rome, cultes et mythologies celtiques commencèrent à décliner.
Au Ve siècle, qui est l’époque présumée d’Arthur, seuls le Pays de Galles et l’Irlande conservaient encore le souvenir de la culture et des légendes celtes.
Au Pays de Galles, où on se méfiait des écrits, le souvenir était entretenu dans les mémoires mais en Irlande, les premiers moines missionnaires s’astreignirent, dès cette époque, à coucher sur le papier un nombre étonnant de légendes.
Cet effort de conservation est aussi dû au fait qu’en Irlande, les druides et les conteurs étaient distincts, ce qui évita aux bons moines d’être taxés de paganisme. Et c’est grâce à eux que l’on connaît encore les personnages de Cuchulainn, héros de l’Ulster, de Finn Maccool ou encore de la reine Medb du Connacht.
L’influence du christianisme se fit très rapidement sentir dans un grand nombre de légendes irlandaises et l’on trouve, parfois, de curieuses histoires, où les saints chrétiens se prennent d’amitié pour les dieux païens.  
On raconte même que saint Patrick, qui convertit l’Irlande, fut le seul à prêter une oreille complaisante à l’histoire d’Oisin, fils de Finn Maccool, devenu un vieillard aveugle après être tombé de son cheval magique.