La tour penchée

La tour de Pise, d'après une gravure du XIXe siècle.
La tour de Pise, d’après une gravure du XIXe siècle.

Tout le monde connaît le glorieux passé de Venise, Gênes ou encore Florence, mais qui se soucie de celui de Pise ? Comme ses illustres républiques sœurs, Pise acquit un essor extraordinaire dès le Xe siècle, lorsque, à la suite des croisades, reprirent les relations commerciales avec l’Orient. La position abritée de son port, situé à l’embouchure de l’Arno, allait être un atout essentiel de Pise qui devint une des principales rivales de Gênes et de Venise. Rapidement, Pise s’étendit également en Sardaigne, d’où elle devait chasser les Sarrasins dès le XIe siècle, puis en Corse et aux Baléares. Après deux siècles de domination presque incontestée sur les mers, Pise devait cependant s’incliner, victime du déclin des Hohenstaufen qu’elle avait ardemment soutenus dans le conflit entre Guelfes et Gibelins.
De cette période de faste et de puissance, Pise a cependant conservé quelques monuments, dont le plus exceptionnel est, sans conteste, la célèbre Tour penchée. Ce campanile (clocher isolé de l’église), construit tout en marbre blanc et mesurant pas loin de 56 mètres de haut, fut édifié entre 1174 et 1350, en même temps que la cathédrale, le baptistère et le Campo santo, autres monuments célèbres de la cité toscane. Mais sa célébrité tient surtout à son aspect penché, dû soit à un affaissement du terrain, soit à un défaut dans les fondations, aspect qui lui a valu son nom de Tour penchée.