La Touraine en apanage

Pièce de monnaie de la tribu des Turones (Ier siècle après J.-C.).
Pièce de monnaie de la tribu des Turones (Ier siècle après J.-C.).

Lorsque les Romains pénètrent en Gaule, ceux sont les Turones qui peuplent la riche province de Touraine. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils s’accommodèrent aisément de la conquête romaine, au point que la principale cité de la région, Turones, rebaptisée Caesarodunum -aujourd’hui Tours-, devint la capitale de toute la Lyonnaise IIIe, soit de la Touraine, mais aussi de l’Anjou, du Maine et de l’actuelle Bretagne.
Soumise en 480 après J.-C. Par les Wisigoths, la Touraine allait passer aux mains des Francs après la victoire de Clovis à Vouillé, en 507. Objet de toutes les convoitises tant la région était riche, tant sa situation, favorisant les échanges, en faisait un acteur incontournable au niveau commercial, la Touraine sera au cœur de nombreux conflits entre les princes mérovingiens, jusqu’à ce qu’elle acquière son indépendance, au Xe siècle, sous le gouvernement des comtes de Touraine. Une indépendance qui ne sera que de courte durée : enjeu d’une rivalité entre la maison d’Anjou et celle de Blois, la Touraine allait tombée dans l’escarcelle des premiers sous le règne de Geoffroi II Martel et donc, indirectement et dans les années à venir, dans celle de la maison d’Angleterre lorsque celle-ci aura pour chef un Plantagenêt.
La Touraine, si richement dotée par la nature, sera une des premières possessions que Philippe Auguste s’empressera de reprendre aux Anglais en la confisquant à Jean sans Terre. Désormais, elle restera dans le giron français et deviendra même l’apanage de nombreux princes du sang, tels que Philippe le Hardi, qui aura ensuite la Bourgogne, le futur Charles VII, quant il n’était pas encore dauphin et que ce titre revenait à son frère aîné. Le titre de duc de Touraine devait s’éteindre avec François, duc d’Alençon et frère d’Henri III, en même temps que s’éteignait la lignée des Capétiens-Valois (1584). La province sera dès lors réunie, de manière définitive, à la couronne de France.