L’Alhambra de Grenade

L'Alhambra de Grenade, vue intérieure.
L’Alhambra de Grenade, vue intérieure.

À peine le Berbère Tarik a-t-il traversé, en 711, le détroit de Gibraltar, que les armées wisigothes sont écrasées, les villes espagnoles conquises les unes après les autres. Bientôt l’Espagne presque entière est sous domination arabe et seuls résistent les petits royaumes du Nord. L’Espagne musulmane se dote alors de villes véritablement orientales, dans l’architecture et l’organisation, telle que Grenade, fondée en 756 par le troisième gouverneur de cette nouvelle conquête musulmane, Abd el-Aziz. Passée successivement sous la domination des dynasties Almoravides puis Almohades, Grenade demeurera cependant un des foyers de la civilisation arabe en Espagne, jusqu’à sa conquête par les Rois catholiques, en 1492.
Témoin de ce passé prestigieux, l’Alhambra de Grenade fut fondée aux XIIIe-XIVe siècles. La forteresse et le palais des anciens souverains maures furent édifiés au sommet d’une colline, sur une plateforme d’environ 800 mètres.
Mais, si l’extérieur n’offre rien d’autre que la vision d’une forteresse militaire, la variété et l’originalité de la décoration intérieure en font un des chefs-d’œuvre de l’architecture arabe, que chantera avec bonheur le poète Théophile Gautier :
Alhambra ! Alhambra ! Palais que les génies
ont bâti comme un rêve et rempli d’harmonies ;
Citadelle aux créneaux festonnés ou croulants,
où l’on entend, le soir, de magiques syllabes.
Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,
sème les murs de trèfles blancs.