Lalibela, la Jérusalem d’Éthiopie

Vue d'une des églises de Lalibela.
Vue d’une des églises de Lalibela.

Il est rare que l’on évoque l’architecture africaine. Pourtant, les monuments existent ailleurs qu’en Afrique du Nord ou en Egypte. Ou du moins, ils ont existé, la plupart ayant subi destructions volontaires ou ravages de la guerre. Lalibela, qui regroupe en ensemble d’églises et de sanctuaires chrétiens, fait partie de ces monuments inconnus.
Convertie au christianisme vers 350, l’Éthiopie a laissé un des plus étonnants et des plus beaux styles d’art religieux africain. Le meilleur exemple, et sans doute le plus mystérieux, est celui de Lalibela.
Dès 1521, Francisco Álvares, chapelain de la première ambassade portugaise en Éthiopie et premier visiteur européen de Lalibela, n’hésitait pas à affirmer que les sanctuaires qu’il avait vus « n’avaient pas leur pareil dans le monde ». Et il désespérait de le faire croire :
Je suis dégoûté d’écrire sur ces édifices car il me semble qu’on ne me croira pas.
Lalibela est en effet une vaste cité monastique perchée à deux mille six cents mètres d’altitude sur le flanc sud-ouest de l’Abuna Yosef, massif montagneux dans la province de Wallo. Deux groupes de sanctuaires, de part et d’autre du Yordanos, le Jourdain (un torrent canalisé par places), une église située à part, douze églises et chapelles, quatre sanctuaires monolithiques au sens strict, les autres étant des églises-cryptes qui ont chacune une manière de se distinguer de la roche-mère : tels sont les principaux édifices religieux de Lalibela, qu’on appelle « la nouvelle Jérusalem d’Éthiopie ».