L’attentat de Damiens

L'attentat de Damiens, d'après une gravure du XIXe siècle.
L’attentat de Damiens, d’après une gravure du XIXe siècle.

La nuit tombe à peine lorsque, en ce 5 janvier 1757, Louis XV s’apprête à rejoindre Trianon. Soudain, surgi de l’ombre, un homme s’élance sur le roi et le frappe d’un coup de poignard. L’agresseur est rapidement maîtrisé par les gardes royaux et Louis XV (1715-1774), blessé au flanc, regagne ses appartements, persuadé que ses instants sont comptés. La cour est en émoi. L’assassin a-t-il agi de son propre chef ? Ce Damiens, garçon de salle chez les Jésuites, était-il poussé par des motifs politiques ? On accuse les magistrats, en conflit avec le roi sur la question de l’impôt, les jansénistes ou les Anglais, avant de se rendre à l’évidence : Damiens n’est qu’un fou, un illuminé.
Mais l’attentat a des conséquences politiques importantes : le roi, croyant son existence menacée, a laissé le gouvernement du pays au Dauphin et a congédié Madame de Pompadour, pour la plus grande satisfaction de ses ennemis, les ministres d’Argenson et Machaut d’Arnouville. Le roi, rétabli, rappelle la favorite puis congédie les deux ministres à l’origine de réformes très impopulaires.
Louis XV s’est fort adroitement servi de cet attentat pour calmer les esprits. Quant à Damiens, il subit, e 28 mars 1757, le supplice des régicides : il est écartelé en place de Grève.