Law : le jeu de l’argent

Portrait de John Law (1671-1729).
Portrait de John Law (1671-1729).

Fils d’un orfèvre écossais de renom, John Law était un joueur avant d’être un financier. A la tête, très jeune, d’une fortune considérable, il fréquenta les milieux de l’agiotage et du jeu londonien avant qu’un duel malheureux le contraigne à s’exiler sur le continent. Passant d’Italie en France en passant par l’Allemagne, Law se mit dès lors à étudier les différents systèmes bancaires avant de se convertir à l’usage du papier-monnaie.
 Ayant échoué à convaincre du bien fondé de son système le gouvernement écossais, c’est à Paris qu’il devait finalement tenter son expérience. Recherché par les grands seigneurs en raison de sa réputation de joueur, il devint un intime du duc d’Orléans qui, en 1716, alors qu’il était devenu régent, l’autorisa à fonder une banque privée dont les billets devaient être admis par toutes les caisses privées. L’idée initiale de Law était une banque qui émettrait des billets dont la valeur serait représentée par des hypothèques sur propriétés privées. Pour établir la confiance, John Law promis alors de rembourser les billets de banque au cours originel, alors que la monnaie métallique variait constamment.
Médaille satirique contre Law.
Médaille satirique contre Law.

Le succès ne tarda guère et Law fonda alors la Compagnie d’Occident qui reçut privilège de faire commerce sur le Mississipi, en Chine et aux Indes ainsi que le monopole du tabac. Surtout, Law se vit confié la refonte et la fabrication des monnaies en plus du recouvrement des impôts. De fait, Law pouvait, artificiellement, augmenter les monnaies. Et c’est ce qu’il fera dans le but de répondre à la demande incessante du public auprès de sa banque -devenue banque d’Etat en 1718. L’engouement pour le système Law devait durer quatre ans. Au bout de ce laps de temps et sans doute sous l’impulsion d’ennemis personnels du financier, une panique générale conduisit les détenteurs de billets à exiger, tous en même temps, la réalisation de leur monnaie. Law, qui venait d’être nommé contrôleur général des Finances, tenta bien de s’en sortir par quelques mesures mais il devint évident, dès décembre 1720, que le désastre était total. Law, anéanti, s’enfuit, trouvant refuge en Belgique où il survécut -jusqu’en 1729- dans l’indigence la plus complète.